Première étape : Valletti, Willy and Cie
Dans le jazz on travaille sur des standards : c’est sans doute cela qui m’a poussé à demander à Serge Valletti de nous interpréter «Roméo et Juliette ».
Vas-y Valletti, joue nous du Willy!
Il arrive parfois que l’on se souvienne plus de la contrefaçon que de l’original. Je me mets donc à rêver sur Valletti qui se met à rêver sur «Roméo et Juliette».
Une question m’obsède concernant le texte de Shakespeare : Et si Roméo et Juliette n’étaient pas morts?
Le théâtre permet-il de remonter dans le temps, d’éviter la tragédie, de réécrire l’Histoire ? Une scène me frappe dans le «Roméo» de Willy c’est l’extraordinaire
violence du père de Juliette quand elle se montre mitigée pour épouser Paris. Ce n’est même plus de la violence, c’est une blessure inguérissable qui dure jusqu’au bout de la
pièce. Avec un tel père, comment la gamine peut-elle s’en tirer ? Elle, si pure, le restera-t-elle longtemps ? Cette figure monstrueuse du père aux accès de rage
soudains et imprévus ne présage-t-elle pas du devenir de Roméo, le si joli tiercelet, un bretteur assassin doublé d’un enragé ?
Sur quoi repose leur amour?
S’ils n’étaient pas morts, si la tragédie n’avait pas eu lieu, qu’en serait-il de leur amour ? N’y a-t-il pas un vieil air d’énigme dans ce paradigme de
l’amour ?
Un autre questionnement porte sur Escalus, le Prince de Vérone, l’homme politique qui passe son temps à déplorer les morts des deux camps, les morts de sa famille. Comme une
diminution de la famille. Après « Bouge plus ! », c’est pour nous l’occasion de nous interroger à nouveau sur le rôle même de la famille.
Nous avons demandé à Serge Valletti d’écrire une pièce d’ 1h30 pour 6 ou 7 comédiens jouant 1 ou plusieurs rôles.
Ça va groover ! Et ça c’est dans la langue de Willy !