Eugène manie les mots et l’imaginaire. Denisart orchestre des spectacles aux enjeux peu communs. Ensemble, les deux complices ont déjà mitonné un Voyage en Pamukalie
qui entraînait le public à la découverte d’un pays qui n’existe pas, avec à la clef une douce folie corrosive.
Cette fois, tout est parti d’un lieu : un local où s’entraînent les adeptes de l’aviron. Si le geste sportif est noble, le résultat est bien que les rameurs s’activent sans
avancer d’un pouce. Belle invitation à la fable pour des poètes. Ce d’autant, comme le rappellent les deux compères, qu’en aviron les sportifs tournent le dos à l’objectif et se
soumettent aux injonctions d’un barreur.
Eugène a donc écrit un texte intitulé Rame (prix de la Société Suisse des Auteurs) destiné à être joué dans ce local d’entraînement. Sous les ordres
d’un « barreur », quatre acteurs multiplient les efforts, soutenus par un ensemble de quatre musiciens, et racontent une histoire de pouvoir et de groupe, de
manipulation et de responsabilité. Sommes-nous vraiment condamnés à « ramer » pour vivre ensemble ?