Univers délirant, nous la voulions comme cela cette pièce, pouvoir entremêler plusieurs niveaux, niveaux de réflexion autour d’une (histoire) narration simple.
Plusieurs histoires, un champ libre de dire, dire la résistance d’une écriture, après tout pourquoi ferions-nous comme si tout était simple ?
Que cela ne soit pas évident, ne nous a pas empêché de rire, d’en rire comme d’une farce. Oui, on a bien rigolé, même si cela n’était pas facile d’en rire. Alors quand c’était
moins drôle, on rigolait moins, mais nous en parlions et quand nous en parlions, on commençait par sourire et puis après on rigolait, on rigolait bien parce qu’évidemment dans
Orphée, il y a des histoires drôles et des histoires qui révèlent l’histoire.
Et quand Patrick Kermann me disait sa difficulté à dire « une histoire qui n’est pas l’histoire », moi je lui répondais, t’as qu’à écrire pour dire à quel point c’est dur de
dire « une histoire qui n’est pas une histoire » il l’a fait sur plusieurs colonnes, c’est là je crois que Patrick Kermann m’a proposé Orphée. Une histoire s’est écrite de
cette rencontre avec Patrick Kermann : Orphée.
Il avait mis un titre mais il l’a donné pour une autre pièce qu’il venait d’écrire pour quelqu’un du Nord. Alors on a cherché un autre titre au café, il y avait aussi Ariane,
l’administratrice de la compagnie, et on a trouvé : Prédelle, à cause de cette variation autour d’un thème
central ; moi j’aurais aimé Variation autour d’un thème central comme sous titre, mais lui a préféré divertissement orphique.
C’est seulement après qu’on ait mis une table sur le plateau et que plus tard, sur la table, il y eut de plus en plus d’objets, au point d’être une loge ouverte où les acteurs se
sont installés et dans laquelle ils se sont investis. Ce n’était pas si mal. Et puis, le scénographe est arrivé en retard, alors il a commencé à proposer son décor et il ne s’est
jamais arrêté tellement qu’il y avait des histoires, du coup il est resté sur scène. C’était comme une évidence.