En traversant toutes ces années de théâtre accompagné du même auteur, mon histoire peut être assimilée à un coup de foudre, dont la longévité n’est due qu’à l’amour. Oui !
Je suis amoureux de la poésie de Serge Valletti.
Lorsqu’on découvre une pièce de Serge Valletti, on éprouve le besoin de la faire connaître au monde entier, de partager les émotions qui nous submergent, le bien être que nous a
offert la lecture de son texte. On a envie de l’offrir, de vous l’offrir. Et c’est là, que le métier de metteur en scène prend toute son ampleur : il découvre et offre au
spectateur ce qui lui paraît essentiel. Valletti est, à mes yeux, plus qu’un accompagnateur dans un parcours théâtral. Son langage est une initiation. Il permet de briser les
barrières, les tabous, et ainsi de mieux se connaître. Ses mots sont singuliers, et, de cette singularité née l’évidente certitude ; celle qui fait qu’aujourd’hui,
j’ai encore envie de croire et de faire du théâtre.
« Pour Bobby » est à l’inverse de la rectitude. C’est un texte « pour demain ».Comment toucher l’âme au plus profond ? Comment réveiller une
conscience face à un projet de vie ? Cette histoire se construit dans le labyrinthe de l’âme. C’est un voyage dans le conscient et l’inconscient. Pour le symboliser, je
voulais une scénographie équivoque, un labyrinthe à deux étages, celui de l’intellect et celui du charnel et, il me fallait une actrice baroque, capable de supporter un nombre
incalculable de voyages, de respirer la poésie de Valletti, dans une générosité permanente. Clémentine Célarié est une lumière idéale pour révéler cette histoire. Elle incarne.
Elle est. Elle impose. Elle ne dissimule pas. Je suis heureux de partager ma route avec elle. J’avais également besoin d’un arlequin, d’un ange, d’un révélateur. Guillaume
Collignon sera son accompagnateur, sa part d’enfance perdue, le prolongement de ses rêves enfouis. Avec tendresse il nous dessinera un charlot des temps modernes. Spectateur et
acteur du monde qui l’entoure. Tout cela sans bruit, pour ne pas déranger, juste être là, tout prêt, tout prêt, d’elle, de lui, de nous…
Christophe Correia