Les nouvelles de Raymond Carver sont des coups de pinceaux incisifs : ils finissent par tracer le portrait d’une humanité déglinguée, d’un monde de paumés qui peuplent
l’Amérique des années 50.
Sans effet littéraire, Carver s’intéresse à des gens qui n’ont souvent pas voix au chapitre et ausculte quelques plaies incurables de l’espèce humaine : son incapacité à
aimer, sa peur de la mort, sa difficulté à vivre en couple. La matière choisie par Jacques Lassalle parle d’un écrivain qui rend visite à son exépouse ; ailleurs une femme
quitte son mari sans raison apparente, après vingt ans d’existence commune…
René Zahnd