Orgie
Un apparent dispositif sado-masochiste.
L’engagement de Pasolini à dénoncer un état de l’être et du monde.
Un chant de poésie.
Un rituel sacrificiel où se trouve mise en scène une souffrance imposée, acceptée : passer par là pour affirmer sa différence en libérant la parole, pour violer le monde
afin de le régénérer, pour enfin " faire un bon usage de la mort ". Laurent Sauvage
L’espace théâtral est dans nos têtes. Ici, il n’y a pas de spectateurs : le théâtre est un. Après que nous avons parlé avec vous, applaudir ou siffler est inutile : parlez avec nous. L’acteur est un critique. Le metteur en scène est un critique. Le spectateur est un critique. L’auteur est un sujet et un objet critiques. Les scandales ont lieu hors d’ici : ici, nous accomplissons un rite théâtral. Le théâtre n’est pas un médium de masse. Même s’il le voulait, il ne pourrait pas l’être. Ici, nous sommes peu nombreux : mais en nous il y a Athènes. Nous ne cherchons pas le succès. Nous sommes peu nombreux parce que nous sommes tous des hommes en chair et en os. Les corps ne sont pas aristocratiques. Ne cherchez pas ici la spécificité du théâtre ni l’idée du théâtre. Dès que la culture est rite, elle cesse d’obéir aux seules normes de la raison et redevient aussi passion et mystère. Le théâtre est une forme de lutte contre la culture de masse. Décentrement !
Pier Paolo Pasolini