Au départ, le projet d'écrire un texte autour de l'utopie et de l'univers de l'écrivain russe Andreïv Platonov et de son univers romanesque. Puis, chemin faisant, la décision
d'écrire un texte plus personnel dans lequel on retrouverait cette thématique et cette question: y-a-t-il encore une possibilité de l"utopie, d'une pensée de l'utopie aujourd'hui?
Tenter d'y répondre en racontant une histoire, en faisant vivre des personnages contradictoires, en évitant les certitudes et ce qui pourrait sembler aller de soi...
Cela se passe tout près de la ville, à l'écart de la ville, dans une sorte de cour des miracles où sont rassemblés des prostituées, des semi-vagabonds, d'ex-révolutionnaires
désillusionnés qui ne peuvent se résoudre tout à fait à faire comme si le monde devait rester éternellement le même. Tobias, un poète qui tient une petite baraque de boissons est
revenu là, accompagné de Marie, une ex-prostituée, devenue la maîtresse de maxime, le parrain de la mafia, qui a établit une relation très étrange avec elle. Il a donné cette
femme à Tobias pour pouvoir se rendre compte qu'il la désirait encore et qu'il pouvait encore éprouver un sentiment qui serait celui d'un être humain.
Dans ce no man's land, surgit aussi un charlatan, surnommé « boniment » qui se fait fort d'enlever la folie de ceux qui acceptent de passer leur tête dans le trou qu'il
transporte avec lui.. Il est accompagné d'Estrella, une jeune femme, son assistante, inquiète de le voir prendre de plus en plus au sérieux ce qui au départ n'était qu'une
arnaque.
Maxime, et ses hommes de main, deux tueurs, viennent remettre de l'ordre, remettre les choses à leur place. L'histoire vire au fait-divers, voire au drame. Sur fond de chansons.
Avec sommation de devoir tenter d'inventer de l'humain, à partir de rien... Sans illusions... Avec ce qu'on a sous la main...
Eugène Durif