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  • 8.  le 04/07/2010 à 10:38 par Mline

    Personnellement, j'ai vu ce spectacle dans une salle très inconfortable. Ne pouvant absolument pas bouger, se concentré 2h sur une mise en scène aussi longue est très difficile. L'acteur est cependant épatant par la façon dont il récite le texte. Je pense que le spectacle aurait pu être plus apprécié s'il avait été moins long.

  • 7.  le 21/03/2010 à 20:56 par bertrand

    Long et sans portée intellectuelle. Le comédien salit le poème de Pessoa par sa vulgarité à l'égard des spectateurs lassés.

  • 6.  le 12/03/2010 à 17:44 par passeur de nuage

    j'ai beaucoup aimé. Mon interprétation du spectacle réside en une bande dessinée. pour ceux qui n'ont pas aimé ou compris:
    http://passeurdenuage.over-blog.com/

    voilà une mise en image du spectacle.

  • 5.  le 11/03/2010 à 12:35 par amélie blaustein-niddam

    article paru sur la boite à sorties:
    http://www.laboiteasorties.com/2010/03/ode-maritime-regy-nous-convie-a-une-longue-traversee-en-solitaire/

    La création la plus remarquée du dernier festival d’Avignon, fait son entrée au Théâtre de la Ville, un parcours en apparence sans faute pour Jean-Quentin Châtelain dans le rôle du poète Alvero de Campos inventé par Fernando Pessoa et mis en scène par Claude Régy . L’attente était forte, et la déception fut d’autant plus grande.
    Dans le décor sublime pensé par Claude Regy, une immense vague en métal avec en son cœur un ponton, ou un pont de bateau, qui avance le comédien au plus près du public. Jean-Quentin Châtelain, une fois l’échelle gravie pour accéder à son plateau réduit, reste prés de 2 heures, seul, quasiment immobile, le regard et les mains fixes, le visage dans une pénombre stylisée.

    Seul, il déclame avec patience et force le long et beau poème de Fernando Pessoa, Ode Maritime. Nous amenant, grâce à la scénographie, sur le pont d’un bateau, au milieu de l’océan, la nuit. Le comédien-capitaine récite son rapport à la mer et aux éléments.

    Le principal acteur d’Ode Maritime est donc la voix de l’acteur, portant un langage, dont Regy affirme qu’il est « plein de trous, d’équivoques, de sous-entendus. C’est dans ces écarts-là que tout se passe », et c’est ainsi que Le monologue monocorde d’Yves-Quentin Châtelain, ponctué de respirations, de longs silences et parfois de cris ,vient dire les entrailles du monde et l’infinie solitude de l’homme.

    Ode Maritime séduira ceux qui aiment le genre du monologue. Si le théâtre de la Ville à l’habitude des seuls en scène, l’exercice est ici poussé à l’extrême puisque le jeu réside dans l’immobilisme du comédien. Cela nous permet de plonger littéralement dans l’univers de Claude Regy qui travaille depuis de nombreuses années sur l’immobilisme comme porte d’entrée de l’âme, mettant en avant le texte seul dans une scénographie contemporaine.

    Le spectacle provoque deux réactions contradictoires et chevauchantes, l’admiration d’abord, face à la découverte d’une proposition totalement neuve même si elle s’inscrit dans une continuité . Egalement, des moments de lassitude. Le spectacle durant près de deux heures, la prestation de Jean-Quentin Châtelain associée à l’ambiance laboratoire voulue par Claude Regy finit par lasser et ennuyer à force de moments trop emplis de froideur.

  • 4.  le 07/03/2010 à 20:56 par Frattale Laurent

    Comme un fremissement, nous nous endormons côte à côte au lit des mots... Le réveil n'est pas celui que l'on veut mais bien celui qu'y s'entend depuis les abysses des paresses du moment. Je me suis réveillé plusieurs fois pendant ce chant, réveillé dans la lumière ténue des mots accrochant les puissants cordages du son, d'une voix, Jean Quentin Chatelain... Enfin et à nouveau, revisiter ce qui nous peut dépasser, ce qui échappe et passe au loin, impressions rétiniennes. Avancer par tâches successives avec une absolue attention au rythme, au cadencement de l'instant de jouer, de dire même... merci.

  • 3.  le 26/12/2009 à 15:18 par Dominique Demangeot

    Il suffit d’un navire aperçu au loin pour que la parole se déclenche chez Alvaro de Campos, l’un des nombreux doubles littéraires de Pessoa. C’est sous ce pseudonyme que le poète portugais publie en 1914 Ode maritime. Comme son nom l’indique, le texte est un vibrant et poétique hommage à la grande bleue et à l’évasion. C’est surtout le témoignage intime d’une incommensurable soif de liberté de la part d’un poète sédentaire qui a passé sa vie à célébrer le voyage de l’écriture.

    Claude Régy s’est pris d’affection pour ce long poème de plus de mille vers, qui fait jaillir à l’esprit des images tantôt apaisées, tantôt violentes. Pour porter le texte, Jean-Quentin Châtelain est seul en scène, dégageant ‘’fragilité sensible et puissance titanesque’’ pour reprendre les termes du metteur en scène. Un texte et un acteur, voici le postulat de départ.
    Claude Régy nous confiait, à l’occasion de la présentation de la saison du Théâtre National de Strasbourg en septembre dernier, qu’Ode maritime, ce serait ‘’un peu de son et beaucoup de lumière très faible’’. Art de l’esquisse donc pour cette adaptation du poème de Pessoa. Claude Régy a tenu à restituer l’œuvre intégrale au mot près, telle qu’elle a été écrite. Depuis son quai, le narrateur d’Ode maritime part pour tous les océans du monde, sans pourtant bouger d’un centimètre. Cette ‘’extraversion’’ extrême dont parle Claude Régy au sujet de Pessoa, est l’expression d’une liberté dans ce qu’elle a de plus pur, aux dimensions de l’océan. Un voyage sur place.

    Le sublime
    Ode maritime est une histoire mystique. Ce qu’a cherché Pessoa son œuvre durant, c’est cette ‘’sensation de nous-mêmes dans une autre dimension de l’être’’, dit le metteur en scène. Les mots portent le poète dans un autre monde, le sublimant.
    Claude Régy n’a pas manqué de souligner également que pour Pessoa, ‘’les mots sont comme des corps palpables’’. Certes les mots ont un sens, mais ils possèdent aussi une sonorité, une couleur et une respiration. Ecouter Pessoa, ‘’c’est respirer deux heures hors la loi avec férocité et clarté’’, dit encore Claude Régy.
    A travers les mots, Pessoa se connecte à l’universel, côtoie en pensée cette ‘’même humanité en d’autres ports’’. Le poète exprime une volonté de tout embrasser, ‘’[t]outes les mers, tous les détroits, toutes les baies, tous les golfes’’, un peu comme Walt Whitman qui offre en 1855, avec Feuilles d’herbe, son poème élégiaque et fondateur à la nouvelle Amérique. Cette sublimation, on la rencontre aussi dans la faculté qu’a Pessoa de se dédoubler, entrer en connexion avec d’autres vies. ‘’[…] qui sait/Si je ne suis pas parti autrefois, avant moi-même’’, écrit-il encore. Pessoa s’extirpe, en pensée, de sa vieille peau d’employé de l’import export, cette peau qui ne ressent plus. Pessoa, qui se traduit par ‘’personne’’ en portugais, veut cependant exister à plein régime, éprouver, ‘’sentir tout cela […] dans l’épine dorsale !’’.

    Le ressentir
    Eprouver donc. Pessoa veut mettre ses nerfs à vif pour ressentir intensément, interpelle les pirates, les prend à parti pour qu’ils ouvrent sa chair. Le poème s’emballe, Pessoa entre dans la sauvagerie, une violence innée, presque animale, qui le fascine. ‘’Assez ! être toujours accroché aux jupes de la civilisation’’ se plaint le poète. Le vrai drame pour Pessoa, c’est l’apathie, la tiédeur et l’inaction.
    Même dans la machinerie moderne, il décèle la poésie du rythme, fasciné par le mouvement global : ‘’Et maintenant il y a en plus les machines/Avec leur poésie aussi’’. Pessoa observateur et catalyseur de cette ‘’vie fluctuante, multiple’’. Et pourtant, à l’orée d’un monde marchand et globalisé (quel vilain terme), Pessoa ressent aussi la nostalgie des temps anciens, de ‘’ces mers, plus grandes, parce qu’on naviguait plus lentement’’. C’est peut-être cette dualité qui rend Pesso si fascinant.

    (Article publié à l'origine dans le journal Diversions)

    Ode maritime traduit par Dominique Touati a été publié en 1990, puis revu pour le spectacle par Parcidio Gonçalves et Claude Régy en 2009, aux éditions La Différence.

  • 2.  le 05/09/2009 à 09:27 par bastien ossart

    Que ce monsieur est d'un ennui!!
    Faussement intellectuel. Faussement charnel ou corporel.
    Faux théâtre. Narcissisme.
    Bon, qu'il se soulage il n'est pas le seul.

  • 1.  le 17/08/2009 à 08:42 par sylvette Pazat

    J’ai compris à Avignon que le sentiment de frustration est intéressant, il oblige à chercher d’autres chemins. J’ai vu avec bonheur la mise en scène de Claude Regy à partir du texte de Pessoa « Ode maritime ». C’est une mise en scène minimale, un fond de scène concave, blanc, réfléchissant une sorte de brouillard, au centre une passerelle face aux spectateurs et Chatelain, tout de noir vêtu, dit son texte, immobile au bout de son plongeoir, seuls, les mains le plus souvent figées et le visage sont éclairés d’une lumière avare. A larges intervalles, une couleur de rouge aquarelle très diluée dans la brume nous donne une impression du temps qui passe, une corne de brume assourdie marque aussi le temps par trois ou quatre fois en deux heures vingt, l’intensité de la lumière sur le visage de l’acteur varie aussi légèrement. Chatelain articule avec lenteur le début du texte, c’est presque sophistiqué mais on n’en perd pas une miette, ensuite la diction devient plus fluide mais l’immobilité du quai de pierre dans le port et le paquebot qui manœuvre pour s’approcher où s’éloigner, on ne sait jamais dans quel sens, nous hypnotise. L’imagination de Pessoa, dans tous les possibles de ses hétéronymes, est dans le désir de voyage et d’aventures de pirates mais aussi dans le désir de retour vers la maison de son enfance au bord du Tage. J’ai compris, que la frustration du spectateur et de l’acteur, dans cette mise en scène minimaliste, oblige à une écoute différente de notre écoute au quotidien, une écoute bien plus profonde de la musique de la voix, et le texte révèle son secret. Pessoa sans doute a eu peur de la maladie mentale, peut être était-il malade, peut être non, mais il vivait en permanence la tension des contraires, oxymores diversifiés qui finalement nous réconcilient avec la nature humaine où du moins nous font comprendre que la violence du pirate et la nostalgie de la petite enfance heureuse, ni ne s’annulent, ni ne doivent faire peur de la déchirure, du moment que l’on accepte d’avoir cela en soi, en toute conscience. En imagination, rivé à sa plume et à son port de Lisbonne, Pessoa a beaucoup voyagé dans une méditation intérieure qui éclaire les violences d’aujourd’hui d’un autre regard. Sans la mise en scène de Claude Régy, je n’aurais pas atteint cette compréhension, peut être subjective, mais c’est à voir. Qui sont les pirates d’aujourd’hui ? Quelles blessures, quelles humiliations, quelles vocations avortées ou désirs de revanche font basculer dans la violence ou du côté des victimes qui ne savent plus ou ne peuvent plus lutter ? Un pile ou face selon les rencontres, les sollicitations du milieu social et culturel et le potentiel de créativité qu’il est encore possible de mobiliser.

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