J’ai par deux fois mis en scène la pièce Music-hall de Jean-Luc Lagarce au cours des trois dernières années. Cela n’a rien d’un exploit, mais la démarche est cependant
singulière dans le paysage théâtral contemporain. Surtout lorsque je m’apprête, à l’occasion de ma résidence en Aveyron, à proposer une troisième mise en scène de ce
texte.
Quelle étrange obsession ramène toujours mes pas de metteur en scène vers cette pièce mystérieuse ?
Je la considère aujourd’hui presque comme un manifeste théâtral et poétique du théâtre qui m’émeut et que je veux faire avec la compagnie TABULA RASA : la conjugaison d’une
exigence dramaturgique contemporaine et d’une idée « populaire » du théâtre, précisons tout de suite ce que j’entends par « populaire » : qui
s’adresse à tous et à toutes, sans restriction et même hors des théâtres-édifices. Et cet attachement quasi-obsessionnel à Music-hall révèle aussi toute l’affection que
je porte à son auteur « mort-trop-tôt », Jean-Luc Lagarce, depuis que j’ai découvert ses textes (il y a une petite dizaine d’années).