Un enfant s’invente, pour s’endormir, un personnage imaginaire avec lequel il discute.
Il l’appelle Mon Fantôme. Sous la forme d’une parole à double voix, l’enfant et son fantôme nous emportent dans le monde de l’imaginaire à travers la peinture, dans ce moment où
tout bascule vers le rêve.
Mon Fantôme est un spectacle de petite forme, facilement transportable et adaptable à tous les lieux.
Pièce pour deux comédiennes, il viendra dans la classe à la rencontre des enfants et des enseignants.
« Mon Fantôme est né d’une commande de France Culture. J’avais déjà réalisé dans le cadre de leur programmation jeune public une adaptation du Magicien d’Oz et je trouvais intéressant de renouveler l’expérience en écrivant un texte destiné aux enfants.
L’idée de Mon Fantôme m’est venue en observant mon fils, lorsque je le mettais au lit, il préférait les histoires que j’inventais à celles que je lui lisais. Un jour, il m’a dit « le soir, j’ai l’impression d’avoir un petit fantôme à l’intérieur de moi et il me parle ».
J’ai trouvé dans cette parole une référence à ce que je fais moi-même – ce que tous les adultes font – m’endormir enlaissant aller mon imaginaire et ma création. C’est comme ça que Mon Fantôme est né.
France Culture proposait différents sujets autour de cette commande, j’ai choisi la peinture. J’avais envie de travailler sur la peinture, le cadre ; qu’est-ce qu’on
voit ? qu’est-ce qu’on regarde ?
Avec mon fils, quand je lui inventais des histoires pour qu’il s’endorme, nous nous servions souvent de la fenêtre de sa chambre, comme le cadre d’un tableau. Les histoires
prenaient naissance dans ce cadre.
L’endormissement est pour tous un état particulier, proche de celui de l’artiste, du poète, qui se laisse envahir par son imaginaire et laisse affleurer tout ce qui ne maîtrise
pas pour aller vers l’inconscient.
S’endormir c’est peindre ses rêves avec nouvelles histoires. Entre la réalité et le rêve, il y a un endroit de l’art, un endroit où l’on peut passer de l’imaginaire à l’acte de
création ».
Pascal Rambert
Avec Mon Fantôme, pascal rambert et la compagnie souhaitent favoriser la rencontre, des enfants, avec le monde du spectacle par le biais du théâtre, de l’expression corporelle et des arts plastiques. Cette démarche a pour objectif de développer un esprit critique et une approche sensible sur la création contemporaine, tout en donnant aux enfants un spectacle de qualité qui suit les mêmes exigences artistiques et esthétiques qu’un spectacle tout public.
« Avec Mon Fantôme, je veux offrir aux enfants la possibilité de travailler sur leur imaginaire. Je souhaite leur montrer que ce qu’ils font toutes les nuits, avant de s’endormir, est un potentiel d’imaginaire et de créativité important. J’ai envie de leur dire, qu’ils peuvent tous les soirs jouer à ce jeu, et construire une histoire dans cette bascule vers le rêve.
Mon fantôme ira dans les écoles à la rencontre des enfants et des enseignants. Entrer dans l’école est une notion importante du projet, cette démarche permettra aux
enfants de prendre conscience que leur espace quotidien (en l’occurrence leur classe) peut aussi devenir un lieu de l’imaginaire, le lieu de leur imaginaire.
Bouger le réel, transformer l’espace quotidien en lui donnant une autre dimension permettra aux enfants de s’ouvrir sur le merveilleux de manière concrète.
Les comédiennes arriveront dans la classe pour transformer avec les enfants, l’univers scolaire en un espace merveilleux, ils pousseront les tables et installeront une grande tente. Dans cette cabane au milieu de la classe, comme dans un ventre maternel, les enfants pourront s’allonger sur des tapis pour entendre l’histoire de Mon Fantôme.
Les deux comédiennes interpréteront le fantôme et l’enfant, en jouant avec la parole, le chant et l’expression du corps.
À l’intérieur et à l’extérieur de la tente seront projetées des images de l’histoire de la peinture et aux quatre coins de la salle, des radios feront tourner les sons dans
l’espace de la classe. Mon fantôme sera un véritable tourbillon pictural, sonore, parlé et chanté et un mini musée animé de l’histoire de la peinture.
Après le passage de Mon Fantôme dans la classe, je souhaite laisser aux enfants une empreinte, celle que l’imaginaire est à portée de leurs mains et de leur quotidien et l’idée qu’avec son imagination, on peut aller partout. »
Pascal Rambert