Le parti pris de mise en scène
La mise en scène et la scénographie s’articulent autour de deux constatations : dans les extraits du Misanthrope, l’absence de communication frappe. Chacun reste ancré sur ses positions ; a contrario, dans le Dernier Sursaut, du fait de la situation conflictuelle, la communication est centrale. Elle s’incarne dans une tension et provoque une progression dans les positions de chacun et les relations entre les différents acteurs, singulièrement concernant les relations entre les femmes et les hommes. L’opposition entre ces deux modes de communication s’incarne dans le jeu entre la verticalité de l’obstacle dans les extraits du Misanthrope et de l’horizontalité, de la main tendue, de la voie qui s’ouvre dans le Dernier sursaut.
La démarche artistique
Le Misanthrope : chacun se tient derrière un panneau de plexiglas transparent, comme accroché à sa position. Les acteurs ne se rencontrent pas, le public les voit en ombres. Les panneaux sont le reflet de leur position qui ici prévaut sur la personne. Le panneau symboliquement est un obstacle à la communication entre les différents caractères présents, il incarne sur la scène l’absence de communication mise en évidence par le texte.
Le Dernier Sursaut : Ici, les panneaux de plexiglas sont au sol, entourés de vecteurs de communication comme des pots de peinture par exemple. La communication s’incarne dans la création sur scène d’une oeuvre plastique par les acteurs, qu’ils peuvent réaliser avec leurs pieds par exemple, au hasard de leurs déplacements et de leurs mouvements. Les panneaux étant couchés, ils ne constituent de facto plus un obstacle à la communication. Chacun peut les contourner, les enjamber ou bien même, communiquer, discuter, dialoguer, se disputer pardessus eux.
Scénographie
Le sol se différencie entre un sol organique, solide, et un sol mou, vaseux, une sorte de cloaque, marquant ainsi physiquement la communication ou l’absence de communication, la
discussion ou l’enlisement dans un conflit aveugle.
Un ballon gonflable symbolise un coussin péteur pour signifier le sens de la dérision et de l’autodérision de Molière, qui se moque bien du culte qui lui est voué. Cet objet
insolite matérialise le conflit sur la liberté de création artistique.
Une création vidéo vient se poser comme un générique de fin. Elle est projetée sur papier de riz en référence à la lettre adressée par Oronte à Célimène et en référence au film
dont la sortie scandaleuse est à l’origine de l’intrigue de la pièce.
Enfin, le rideau de fond de scène reprend le rideau de théâtre dans une version contemporaine dans des tons orangés, reprenant l’idée d’impromptu de Vinaver sur Molière.
Costumes
Les costumes adoptent une coupe d’époque Grand Siècle, époque de Molière, la pièce de Vinaver en étant un impromptu. La contemporanéité de Vinaver se retrouve dans le choix des tissus et des matières qui offrent au spectateur un jeu sur la transparence.