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Les grandes lignes…

Michèle Mercier est le sujet du spectacle : nous lui créons une famille, des secrets, des espoirs…

Notre but n’est pas de faire de Michèle Mercier une héroïne au destin tragique ou de donner un jugement sur sa vie ou encore d’expliquer comment elle est morte. Nous cherchons plutôt à décortiquer un procédé souvent utilisé par les médias, les politiques… et qui pose également des questions de théâtre : le mécanisme de « fictionnalisation » du réel, c’est-à-dire que les faits à force d’être rapportés et déclinés perdent leur valeur informative pour et deviennent une sorte de bulle impénétrable, hors de toute réalité.

Pour cela, nous avons sur le plateau, des indices et objets ayant appartenu à la victime ; un texte où chaque protagoniste expose les faits, parle de la défunte, de ce qu’il sait d’elle : nous nous situons alors dans une sorte de reconstitution policière.

Mais très vite le récit se fragmente, les paroles deviennent multiples et débordantes. Les protagonistes s’amusent à jouer des rôles, à incarner les corps morts pour rétablir la vérité (les voisines). Ils utilisent des procédés de séries télévisées afin de créer une tension dramatique décalée (Steve et Mana). Ils dégustent le corps de la défunte dans le but de trouver la moindre odeur ou traces ADN laissées par l’assassin (les rats : Gascard et Nathagie).

Les informations fusent, se contredisent et créent un tourbillon. On n’apprend plus rien sur le « cas » Michèle Mercier, les protagonistes ne donnent plus des faits objectifs, ils sont happés dans une surenchère où chacun y va de son anecdote, de sa supposition, de son délire personnel. On est face alors à des figures sans repères, à des figures disloquées en quête de sens.

Ainsi nous posons la question du point de vue et de la subjectivité, et ce, non pas de façon didactique mais en terme de théâtre.