Il pourrait s’appeler Toine Pif-Cosy.
Il est un mélange de toutes les démagogies. Ni de droite ni de gauche, bien au contraire.
Ce « Toine » peut aussi bien être Tony que Nicolas, avec un « Pif » qui s’entend comme un « Blair » et un « Cosy »
dont hongrois tout savoir. Enfin, du mauvais jeu de mot (laid) pour mélanger les frontières et ne viser personne précisément mais tous les démagogues à la fois.Ceux qui décident
d’envoyer des réveils matins aux chômeurs pour leur apprendre à se lever le matin pour chercher du boulot (Tony Blair, de gauche, l’a fait à son arrivée au pouvoir en
Grande-Bretagne, mais un socialiste allemand a, lui, conseillé à un chômeur de se couper les cheveux…), ou ceux qui argumentent sans rire sur la nécessité d’un test ADN
poursécuriser nos frontières (amendement de Thierry Mariani, de droite, dans le débat sur l’immigration et le regroupement familial)…
Mais j’ignore encore s’il est vraiment nécessaire de le nommer.
Parce qu’en même temps, comme c’est un monologue, et qu’il s’exprime (forcément) à la première personne, il est simplement l’auteur de son texte ; il y a donc, en lui,
comme une contraction entre personnage créé et auteur en action. Il mélange son statut de politicien à une affirmation d’être Penseur, Auteur, Acteur de la chose publique…
L’auteur du texte est ironiquement pris lui-même par le tournis de la logorrhée verbale qu’il débobine et qui l’entraîne à croire ce qu’il écrit.
Personne à l’abri, en quelque sorte, surtout pas l’Auteur comme donneur de leçon au restant de l’humanité, un préchi-prêcheur de plus.
Non, l’Auteur, lui aussi, ridicule et enflé. Donc, qui parle ? Un personnage avec un nom ou l’Auteur fantasmé ? Plutôt la seconde possibilité. Parce que le con, c’est
toujours l’autre.
Et inversement : Pour l’autre, le con, c’est nous (« L’ennemi est un con, il pense que l’ennemi c’est nous, alors que l’ennemi c’est lui » Pierre Desproges). Du
coup, moi, l’Auteur, je suis obligé de me mettre dans le tas de ceux que je veux ridiculiser, sans quoi, je ne suis qu’une enflure de plus.
Et, à bien y réfléchir… je suis une enflure de plus.
D. Wittorski