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Extraits

Modèles emmêle des textes théoriques qui interrogent la place des femmes dans la société et des textes témoignages d'auteurs et de femmes d'aujourd'hui qui racontent la construction intime des féminités. Les comédiennes du spectacle étant aussi musiciennes, certains textes sont des chansons. Les fragments qui suivent sont des exemples.

Plus qu’un signifiant stable, femme, même au pluriel, est devenu un terme qui fait problème, un terrain de dispute, une source d’angoisse. Une telle question émerge précisément de la capacité du nom à déployer de multiples significations. « Etre » une femme ne définit certainement pas tout un être.
Pouvons-nous faire référence à un sexe « donné » ou à un genre « donné » sans d’abord nous demander comment, par quels moyens le sexe et/ou le genre est donné ?
Et, au fond, qu’est-ce que le « sexe » ? Est-il naturel, chromosomique ou hormonal ?
Le sexe a-t-il une histoire ? Est-ce que chacun des deux sexes a une histoire ou des histoires différentes? Les faits prétendument naturels du sexe sont-ils produits à travers différents discours scientifiques qui servent d’autres intérêts, politiques et sociaux ?

Judith Buttler


On ne naît pas femme : on le devient. Aucun destin biologique, psychique, économique ne définit la figure que revêt au sein de la société la femelle humaine ; c'est l'ensemble de la civilisation qui élabore ce produit intermédiaire entre le mâle et le castrat qu'on qualifie de féminin. Seule la médiation d'autrui peut constituer un individu comme un Autre. En tant qu'il existe pour soi, l'enfant ne saurait se saisir comme sexuellement différencié. Chez les filles et les garçons, le corps est d'abord le rayonnement d'une subjectivité, l'instrument qui effectue la compréhension du monde : c'est à travers les yeux, les mains, non par les parties sexuelles qu'ils appréhendent l'univers. Le drame de la naissance, celui du sevrage se déroulent de la même manière pour les nourrissons des deux sexes ; ils ont les mêmes intérêts et les mêmes plaisirs ; la succion est d'abord la source de leurs sensations les plus agréables ; puis ils passent par une phase anale où ils tirent leurs plus grandes satisfactions des fonctions excrétoires qui leur sont communes ; leur développement génital est analogue ; ils explorent leur corps avec la même curiosité et la même indifférence ; du clitoris et du pénis ils tirent un même plaisir incertain ; dans la mesure où déjà leur sensibilité s'objective, elle se tourne vers la mère : c'est la chair féminine douce, lisse élastique qui suscite des désirs sexuels et ces désirs sont préhensifs ; c'est d'une manière agressive que la fille, comme le garçon, embrasse sa mère, la palpe, la caresse ; ils ont la même jalousie s'il naît un nouvel enfant ; ils la manifestent par les mêmes conduites : colères, bouderie, troubles urinaires ; ils recourent aux mêmes coquetteries pour capter l'amour des adultes. Jusqu'à douze ans la fillette est aussi robuste que ses frères, elle manifeste les mêmes capacités intellectuelles ; il n'y a aucun domaine où il lui soit interdit de rivaliser avec eux. Si, bien avant la puberté, et parfois même dès sa toute petite enfance, elle nous apparaît déjà comme sexuellement spécifiée, ce n'est pas que de mystérieux instincts immédiatement la vouent à la passivité, à la coquetterie, à la maternité : c'est que l'intervention d'autrui dans la vie de l'enfant est presque originelle et que dès ses premières années sa vocation lui est impérieusement insufflée.

Simone de Beauvoir


Ma soeur était une petite fille qui avait de jolies poupées, de jolies petites robes.
C'était ce qu'on appelle une vraie petite fille.
Elle aimait "la bonne musique", dans mon milieu, c'est le classique. Elle savait reconnaître un tableau, d'un maître à un autre, elle lisait beaucoup. J'étais la tare de la famille. Je disais : "Je veux épouser un paysan". Je ne vivais que pour avoir un cheval. Ma tenue favorite était la chemise de nuit. On me donnait des poupées, elles m'arrivaient toutes habillées, hop, je les déshabillais, je les faisais boire et je leur faisais faire pipi et au bout d'une ou deux fois ça m'ennuyait et j'échangeais les beaux habits que ma mère avait tricoté tout l'hiver avec amour contre des billes.
Dans le terme des adultes, j'étais un garçon manqué. C'est un terme complètement con : je suis plutôt une fille manquée. A une époque on me demandait : "Qu'est-ce que tu veux quand tu seras plus grande?", je répondais : "Des gros nénés et des hauts talons."

Zouc, propos recueillis par Hervé Guibert


Un soir, en me déshabillant, je me crus malade; cela ne me fit pas peur et je me gardai de rien raconter dans l'espoir que ce serait passé le lendemain… Quatre semaines plus tard, le mal reprit plus violent. J'allais tout doucement jeter ma culotte dans le panier à linge sale derrière la porte de la salle de bains. Il faisait si chaud que le carreau losange du couloir était tiède sous mes pieds nus. Comme j'entrais dans mon lit au retour, maman ouvrit la porte de ma chambre : elle venait m'expliquer les choses. Quand elle fut partie, je m'enfonçais dans une nuit sauvage.
Deux souvenirs revinrent tout à coup : quelques mois avant comme nous rentrions de promenade, maman et moi, nous avions rencontré un vieux médecin. "Elle se fait grande votre fille, madame", avait-il dit en me regardant; et sur le champ je l'avais détesté sans rien comprendre. Un peu plus tard, maman à son retour de Paris avait rangé dans une commode un paquet de petites serviettes neuves. "Qu'est ce que c'est ?" avait demandé ma petite soeur. Maman avait pris cet air naturel des grandes personnes qui vous révèlent une part de la vérité : "C'est pour Colette, bientôt". Muette, incapable de poser une seule question, j'avais détesté ma mère.
Toute cette nuit-là, je me tournais et me détournais dans mon lit. Ce n'était pas possible.
J'allais me réveiller. Maman s'était trompée, cela passerait et ne reviendrait plus… Le lendemain, secrètement changée et souillée, il me fallut affronter les autres. Je regardai avec haine ma soeur parce qu'elle ne savait pas encore, parce qu'elle se trouvait douée tout à coup, à son insu, d'une supériorité écrasante sur moi. Puis, je me mis à haïr les hommes qui ne connaitraient jamais cela, et qui savaient. Pour finir, je détestais aussi les femmes de prendre si tranquillement leur parti.
Le monde m'avait eue. Je marchais avec gêne et n'osais pas courir. La crise passa et je me repris à espérer contre tout bon sens qu'elle ne se reproduirait plus. Un mois plus tard, il fallut bien se rendre à l'évidence et admettre le mal définitivement, dans une lourde stupeur cette fois.
Il y avait désormais un "avant". Tout le reste de mon existence ne serait plus qu'un "après".

Colette


Rimes Féminines (chanson)

Dans un corps vide entrer mon âme,
Tout à coup être une autre femme
Et que Juliette Noureddine
En l'une ou l'autre s'enracine,
Parmi toutes celles qui surent s'ébattre,
Qui surent aimer qui surent se battre.
Vivre encore colombe ou rapace,
Écrire chanter ou faire des passes :
Margot Duras,
Maria Callas
Ou bien Kiki de Montparnasse.
Naître demain renaître hier
En marche avant en marche arrière,
M'incarner dans ces divergences
Ces beautés ces intelligences.
Même s'il faut en payer le prix,
Être la fleur être le fruit:
Être Alice Guy,
Être Arletty,
Marie Dubas, Marie Curie.
Permettez à votre Juliette
De ne point mûrir en minette
Mais en Colette,
En Mistinguett...
Ou pourquoi pas madame de Lafayette.
Oui tout de suite les feux de la gloire,
Les feux de la rampe et de l'Histoire:
La Yourcenar,
Sarah Bernhardt
Ou la très sage Simone de Beauvoir.
Mais s'il vous plaît point de naissance,
De jeunesse ni d'adolescence.
Épargnez-moi la chambre rose.
Soyez bonne ô métempsycose.

Juliette


Juillet 86, j'ai 17 ans. On est deux filles, en minijupe, je porte des collants rayés et des Converses basses rouges. On revient de Londres, où on a dépensé en disques, teintures et divers accessoires cloutés tout l'argent qu'on avait en stock, donc plus une thune pour le voyage retour. On galère en stop, ça nous prend toute la journée. On se retrouve en pleine nuit à une station essence, quelque part sur le périphérique. On décide d'attendre que le jour se lève et les routiers avec, pour trouver un camion qui irait direct sur Nancy.
On traine dans le parking, dans le magasin, il ne fait pas tellement froid.
Voiture de trois lascars, blancs, typiques banlieusard de l'époque, bières, pétards, il est question de Renaud, le chanteur. Comme ils sont trois, dans un premier temps, on refuse de monter avec eux. Ils se donnent la peine d'être vraiment sympa, faire des blagues et discuter. Il nous convainquent que c'est trop bête d'attendre à l'ouest de Paris alors qu'ils pourraient nous drosser à l'est, là où ce sera plus facile de trouver quelqu'un. Et on monte dans la voiture. Des deux filles, je suis celle qui a le plus bourlingué, la plus grande gueule, celle qui décide qu'on peut y aller. Au moment où les portières claquent, cependant, on sait déjà que c'est une connerie. Mais au lieu de hurler "on descend" les quelques mètres où il est encore temps, on se dit qu'il faut arrêter de paranoïer et de voir des violeurs partout.
Ca fait plus d'une heure qu'on parle avec eux, ils ont juste l'air de branleurs amusants, pas vraiment agressifs. Cette proximité, depuis, parmi les choses indélébiles : corps d'hommes dans un lieu clos où on est enfermées, avec eux, mais pas semblables à eux. Jamais semblables, avec nos corps de femmes. Jamais en sécurité, jamais les mêmes qu'eux. Nous sommes du sexe de la peur, de l'humiliation, le sexe étranger. C'est sur cette exclusion de nos corps que se construisent les virilités, leur fameuse solidarité masculine, c'est dans ces moments qu'elle se noue. Un pacte reposant sur notre infériorité. Leurs rires de mecs, entre eux, le rire du plus fort, en nombre.
Pendant que ça se passe, ils font semblant de ne pas savoir exactement ce qui se passe. Parce qu'on est en minijupe, une cheveux verts, une cheveux orange, forcément, on baise comme des lapins, donc le viol en train de se commettre n'en est pas tout à fait un. Comme pour la plupart des viols, j'imagine. J'imagine que depuis aucun de ces trois types ne s'identifie comme violeur. Car ce qu'ils ont fait, eux, c'est autre chose. A trois avec un fusil contre deux filles qu'ils ont cognées jusqu'à les faire saigner : pas du viol. La preuve : si vraiment on avait pas tenu à se faire violer, on aurait préféré mourir ou on aurait réussi à les tuer. Celles à qui ça arrive, du point de vue des agresseurs, d'une manière ou d'une autre ils s'arrangent pour le croire, tant qu'elles s'en sortent vivantes, c'est que ça ne leur déplaisait pas tant que ça. C'et la seule explication que j'ai trouvée à ce paradoxe : dès la publication de mon livre, je rencontre des femmes qui viennent me raconter "j'ai été violée, à tel âge, dans telles circonstances". Ca se répétait au point d'en être dérangeant, et dans un premier temps, je me suis demandé si elles mentaient. C'est dans notre culture, dès la bible et l'histoire de Joseph en Egypte, la parole de la femme est d'abord une parole qu'on met en doute. Puis j'ai fini par admettre : ça arrive tout le temps. Voilà un acte fédérateur, qui connecte toutes les classes, sociales, d'âges, de beauté et même de caractères. Alors, comment expliquer qu'on entende presque jamais la partie adverse : "j'ai violé Une telle, tel jour, dans telles circonstances"? Parce que les hommes continuent de faire ce que les femmes ont appris à faire pendant des siècles : appeler ça autrement, broder, s'arranger, surtout ne pas utiliser le mot pour décrire ce qu'ils ont fait. Ils ont "un peu forcé" une fille, ils ont "un peu déconné", elle était "trop bourrée" ou bien c'était une nymphomane qui faisait semblant de ne pas vouloir : mais si ça a pu se faire, c'est qu'au fond la fille était consentante. Qu'il y ait besoin de la frapper, de la menacer, de s'y prendre à plusieurs pour la contraindre et qu'elle chiale avant pendant et après n'y change rien : dans la plupart des cas, le violeur s'arrange avec sa conscience, il n'y a pas eu viol, juste une salope qui ne s'assume pas et qu'il a suffi de convaincre. A moins que ça ne soit difficile à porter, aussi, de l'autre côté. On n'en sait rien, ils n'en parlent pas.
Pendant ce viol, j'avais dans la poche de mon Teddy rouge et blanc un cran d'arrêt, manche noir rutilant, mécanique impeccable, lame fine mais longue, aiguisée, astiquée, brillante. Un cran d'arrêt que je brandissais assez facilement en ces temps globalement confus. Je m'y étais attachée, à ma façon, j'avais appris à m'en servir. Cette nuit-là, il est resté planqué dans ma poche et la seule pensée que j'ai eue à propos de cette lame était : pourvu qu'ils ne la trouvent pas, pourvu qu'ils ne décident pas de jouer avec. Je n'ai même pas pensé à m'en servir. Du moment que j'avais compris ce qui nous arrivait, j'étais convaincue qu'ils étaient les plus forts. Une question de mental. Je suis convaincue depuis que s'il s'était agi de nous faire voler nos blousons ma réaction aurait été différente. Je n'étais pas téméraire mais volontiers inconsciente. Mais à ce moment précis, je me suis sentie femme, salement femme, comme je ne l'avais jamais senti. Défendre ma propre peau ne me permettait pas de blesser un homme. Je crois que j'aurais réagi de la même façon s'il n'y avait eu qu'un seul garçon contre moi. C'est le projet du viol qui refaisait de moi une femme, quelqu'un d'essentiellement vulnérable. Les petites filles sont dressées pour ne pas faire de mal aux hommes, et les femmes rappelées à l'ordre à chaque fois qu'elles dérogent à la règle.
Personne n'aime savoir à quel point il est lâche. Personne n'a envie de le savoir dans sa chair. Je ne suis pas furieuse contre moi de ne pas avoir osé en tuer un. Je suis furieuse contre une société qui m'a éduquée sans jamais m'apprendre à blesser un homme s'il m'écarte les cuisses de force alors même que cette société m'a inculqué l'idée que c'était un crime dont je ne devais pas me remettre. Et je suis surtout folle de rage de ce qu'en face de trois hommes, une carabine et piégée dans une forêt dont on ne peut pas s'échapper en courant, je me sente encore aujourd'hui coupable de ne pas avoir eu le courage de nous défendre avec un petit couteau.

Virginie Despentes


Depuis 1900 on a pas joué une pièce de femme à la Comédie-Française, ni chez Vilar au T.N.P., ni à l'Odéon, ni à Villeurbanne, ni à la Schaubühne, ni au Piccolo Teatro de Strehler, pas un auteur femme ni une metteur en scène femme. Ca a duré plus de 70 ans, 80 ans, 90 ans. Aucune pièce de femme à Paris, ni peut-être dans toute l'Europe. Je l'ai découvert. On ne me l'avait jamais dit. Pourtant, c'était là, autour de nous. Et puis un jour j'ai reçu une lettre de Jean-Louis Barrault me demandant si je voulais bien adapter pour le théâtre ma nouvelle intitulée : Des journées entières dans les arbres. J'ai accepté. L'adaptation a été refusée par la censure. Il a fallu attendre 1965 pour que la pièce soit jouée. Le succès a été grand. Mais aucun critique n'a signalé que c'était la première pièce écrite par une femme qui était jouée en France depuis près d'un siècle.

Marguerite Duras


Je suis née en 69. J’ai été à l’école mixte. J’ai su dès le cours préparatoire que l’intelligence scolaire des garçons était la même que celle des filles. J’ai porté des jupes courtes sans que personne dans ma famille se soit jamais inquiété de ma réputation auprès des voisins. J’ai pris la pilule à 14 ans sans que ce soit compliqué. J’ai baisé dès que j’en ai eu l’occasion, ça m’a superplu à l’époque, et vingt ans après le seul commentaire que ça m’inspire c’est : "trop cool pour moi". J’ai quitté la maison à 17 ans et j’avais le droit d’habiter seule, sans que personne trouve à y redire. J’ai toujours su que je travaillerais, que je ne serais pas obligée de supporter la compagnie d’un homme pour qu’il paye mon loyer. J’ai ouvert un compte en banque à mon nom sans avoir conscience d’appartenir à la première génération de femmes à pouvoir le faire sans père ni mari. Je me suis masturbée assez tard, mais je connaissais déjà le mot, pour l’avoir lu dans des livres très clairs sur la question : je n’étais pas un monstre asocial parce que je me touchais, d’ailleurs ça ne regardait que moi, ce que je faisais de ma chatte. J’ai couché avec des centaines de mecs, sans jamais tomber enceinte, de toute façon, je savais où avorter, sans l’autorisation de personne, sans risquer ma peau. Je suis devenue pute, je me suis promenée en ville en talons hauts et décolletés profonds, sans rendre de comptes, j’ai encaissé et dépensé chaque centime de ce que j’ai gagné. J’ai fait du stop, j’ai été violée, j’ai refait du stop. J’ai écrit un premier roman que j’ai signé de mon prénom de fille, sans imaginer une seconde qu’à parution on viendrait me réciter l’alphabet des frontières à ne pas dépasser. Les femmes de mon âge sont les premières pour lesquelles il est possible de mener une vie sans sexe, sans passer par la case couvent. Le mariage forcé est devenu choquant. Le devoir conjugal n’est plus une évidence. Pendant des années, j’ai été à des milliers de kilomètres du féminisme, non par manque de solidarité ou de conscience, mais parce que, pendant longtemps, être de mon sexe ne m’a effectivement pas empêchée de grand-chose. Puisque j’avais envie d’une vie d’homme, j’ai eu une vie d’homme. C’est que la révolution féministe a bien eu lieu. Il faudrait arrêter de nous raconter qu’on était plus comblées, avant. Des horizons se sont déployés, territoires brutalement ouverts, comme s’ils l’avaient toujours été.

Virginie Despentes


I am not a pretty girl (chanson)

I am not a pretty girl
that is not what I do
I ain't no damsel in distess
and I don't need to be rescued
so put me down punk
maybe you'd prefer a maiden fair
isn't there a kitten stuck up a tree somewhere
I am not an angry girl
but it seems like I've got everyone fooled
every time I say something they find hard to hear
they chalk it up to my anger
and never to their own fear
I am not a pretty girl
I don't want to be a pretty girl
no I want to be more than a pretty girl

Ani Di Franco