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Présentation

Repasser le début de mon film. Pas une fois, mais dix fois : « Un homme dans le désert, avec les pieds dans le sable. A droite des montagnes, à gauche les dunes. Et lui seulement avec du sucre dans la poche et un ventilateur à la main. Il attend…On ne sait pas pourquoi. Rien ne bouge. Ni son corps, ni le ventilateur. Seulement les nuages et ses idées. Et on regarde son visage. Il ne dit rien. On a juste l'impression qu'il veut dire quelque chose là-bas dans le désert ».
Et le vent viendra - pour ouvrir ma tête avec le son d’une mobylette et les mots des gens que j’essaie d’aimer. « Que le vent vienne. Et souffle le sable sur moi »


La Genèse du projet LOST CACTUS

Je me suis mis à écrire tout ce qui me passait par la tête en m’inspirant de souvenirs, d’anecdotes liées à ma famille et à mes amis les plus proches, de souvenirs qui me sont chers, sans pour autant verser dans l’autobiographie. Mais aussi en m’imprégnant de l’Histoire de mon pays, de ses coutumes, de ses habitudes, de son rythme, de ses banalités apparentes qui mises sous une loupe deviennent des inattendus.

Mélange d’images frappantes, regards tantôt tendres, tantôt acerbes, tantôt drôles sur des bouts de souvenirs. Une nouvelle importante arrivant du Maroc d’aujourd’hui. Mon regard sur ‘mon’ pays qui change, sur sa politique et ses discours actuels mêlés à mes souvenirs d’odeurs, d’école, de bruits, de bêtises. Ce pays qui m’a fait. Moi qui m’en suis éloigné, qui l’ai quitté. Peut-être pour mieux le redécouvrir, le raconter. Peut-être pour mieux me découvrir, me raconter ?
Après avoir raconté mes histoires, mes impressions du passé avec mes mots d’aujourd’hui, peut-être le spectateur ressortira-t-il changé, percuté par un autre regard sur le trajet d’une vie et du pays d’où elle vient…

Mohamed Bari

Une première esquisse du texte « Lost Cactus » présenté par Mohamed Bari lors d'un cabaret du théâtre de Galafronie a suscité l’intérêt des membres de la compagnie. Ils y ont vu les prémices de ce qui pourrait être un spectacle.
Après ces étapes de lectures et de présentations publiques au théâtre de Galafronie, Mohamed Bari poursuit sa route. Nouvelles rencontres.
Ivan Vrambout tout d'abord dont la mise en scène de « Vive l’Afrique » l'a marqué par la simplicité et subtilité du travail. En le rencontrant, en parlant avec lui, Bari remarque que le moteur d'Ivan pour faire du théâtre est le même que celui qui le motive à être sur scène, à savoir : défendre des idées « théâtre engagé ».
Et puis, Laurent Taquin qui faisait la musique d'un spectacle dans lequel il jouait. Séduit par l’originalité des instruments qu’il construit, par l’étrangeté de leurs sons; il parle à Ivan de cet univers singulier. Ivan vient voir le spectacle. Et voilà !
L'intérêt de travailler ensemble devient réciproque. Et, aujourd'hui, chacun avec ses spécificités est devenu porteur du projet.