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Note d'intention

Au-delà d’une simple leçon de savoir-vivre, J-L Lagarce propose de réfléchir sur la société dans laquelle chaque individu est poussé, dès sa naissance, à évoluer. Serait-il possible de supporter une vie en dehors des règles, si l’on pense que la vie obéit déjà à un cycle immuable : naître, tomber amoureux, faire des enfants et mourir ?

Peut-on échapper à la société et à ses règles ?

Quelle place, alors, reste-t-il à l’individu, à ses envies, à ses choix ?

Ainsi le spectateur pourra s’interroger sur son propre rapport à la société et à ses règles, avec l’aide du personnage féminin. Cette Dame n’est pas la représentante d’une autorité supérieure bien-pensante venue donner une leçon de savoir-vivre. Elle a 30 ans, elle est au cœur de la vie, avec son éducation et son histoire, face à son avenir et à ses choix. Au milieu d’un pêle-mêle d’objets du passé, elle découvre avec le public le manuel des Règles du savoir-vivre, le commente, réfléchit, questionne. Pour elle. Pour nous.

La mise en scène est rythmée par la modulation de l’espace et du corps au fur et à mesure que la jeune femme évolue : parce qu’elle comprend la nécessité des règles, elle se libère de la contrainte et des limites. Elle s’approprie l’espace, joue avec les éléments du plateau, met en scène le texte et prend sa place. Elle se réapproprie son corps, laisse cet animal dressé retrouver son instinct, s’assouplir jusqu’à danser.

Le travail a été nourri par la richesse de la langue de J-L Lagarce qui utilise le mot comme une matière dont il faut se saisir à bras le corps ; par une recherche approfondie avec la comédienne mettant particulièrement à profit sa pratique de la danse et de la pédagogie Lecoq.

A bien y réfléchir, il n’est pas impossible de se sentir libre, de trouver sa place à l’intérieur des limites que le monde impose, pourvu qu’on comprenne leur nécessité. Alors on peut faire ses choix et prendre la place qui fait sens pour nous et dans laquelle on peut s’épanouir.

Là que J-L Lagarce voulait en venir. Avec maîtrise et humour. C’est simple.