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Note d'intentions

par Coraline Cauchi

Au coeur de la micro société familiale se fondent les actes primordiaux de l’existence.
Mais plus que des personnages, Lagarce nous donne à entendre des pensées. Et les pensées deviennent des voix. Et les voix redeviennent des personnages, qui dialoguent, se contredisent, se coupent la parole...
La boîte de la scène comme la boîte crânienne où (se) débattent les pensées/voix d’un cinquième personnage. La scène comme la radiographie animée de ce qui se passe dans la tête de ce personnage, figure avouée de l'auteur - metteur en scène.

Mais le texte apparaît aussi et avant tout comme un manuel de savoir-vivre. Sur le modèle d'un ouvrage de la fin du XIXème siècle, rehaussé d’une pointe de sarcasme et d’un zeste de parodie, Lagarce donne aux codes qui régissent l'existence des airs de mascarades et dévoile toute leur absurdité.
C’est au théâtre, lieu de la cérémonie et du masque, où accessoires et costumes deviennent les instruments d’une autre réalité, que nous allons jouer cette mascarade-là.
Le théâtre comme lieu de fête aussi. Et il n'est finalement question ici que de célébrations. Jouons donc avec les artifices du théâtre comme on joue avec les artifices de la fête : l'effigie de Marianne apparaît et nous sommes à la mairie, un acteur met un noeud papillon, il est le marié...

C’est une histoire qui doit aussi exister ici et maintenant. Dans une petite ville de province qui pourrait être celle de Lagarce. Dans ce lieu. Dans ce théâtre peut-être.
Un lieu où se donne la représentation des cérémonies de la vie.
Un lieu où l'on célèbre la Représentation.