Axel et Ferrare vivent de petits travaux à la morgue de Grasse, balcon au-dessus de la Méditerranée. On a peine à croire qu’Axel, vieux fossoyeur unijambiste a été autrefois
Cythère et Florian. De même il ne reste rien de Ferrare, le tigre des Balkans, que le sourire a fait sombrer dans une douleur infinie. Ferrare, s’il n’est tout à fait chrétien,
est sur le bord de la conversion. Que reste-t-il du sourire, cette manière d’être poétiquement au monde ? Presque plus rien. Axel ne le connaît encore que dans l’amour pour
un jeune garçon mort dont on ne sait pas l’identité. De son côté, Lubna, devenue reine de théâtre, cherche un jeune cadavre pour décorer un de ses spectacles. Elle veut, par la
scène, inventer la secte du sourire, imitation commerciale du sourire d’Arcadie.
Le sosie du dictateur, qui a survécu à toutes les révolutions, veut aussi récupérer ce cadavre d’enfant pour des raisons moins artistiques ; il l’a tué par accident et
craint que le scandale éclabousse sa candidature de sénateur.
Le jeune mort devient le croisement de tous les desseins. Et bientôt, c’est le combat spirituel qui se réengage. Si l’on croit au sourire il n’y a plus qu’à lui
consacrer sa vie ou à tout faire pour l’annuler.