theatre-contemporain.net

 
vous êtes ici : Accueil Spectacles Les Poings qui volent A propos de la pièce
Partager ce spectacle » 
 
 
 

A propos de la pièce

Ike Mellis, ancien boxeur devenu entraîneur dans une salle du bronx, reçoit un soir la visite d’un jeune métis qui prétend vouloir s’ e nt raîner là. Un prétexte pour un jeune homme qui souhaite découvrir qui était son père...
Israel Horovitz a eu une bonne intuition en me confiant ce texte inédit : si nous nous sommes déjà rencontrés et appré ciés à l’occasion d’une rencontre d’ auteurs, il ignorait que j’avais pratiqué la boxe anglaise. L’action se déroule dans le milieu pugilistique. …

… J’ai compris dès la première lecture qu’ Israel Horovitz maîtrisait parfaitement le sujet. Le personnage central est un boxeur noir. Ça peut bien sûr paraître banal, quand on sait qu’ aux Ét ats-Unis soixante-dix pourcent de l’effectif total des boxeurs professionnels, et sans doute davantage chez les boxeurs amateurs, sont d’origine afroaméricaine. Compte tenu de leur environnement et des difficultés qu’ils rencontrent, très peu sont ceux qui réussissent. C’est cette négritude qui m’intéresse, parceque c’est à travers elle que je vais pouvoir mettre en relief l’esthétisme et les qualités de cet art africain, à partir d’une réalité physique et technique de la boxe, la chorégraphier pour faire ressortir la beauté d’une discipline qui n’est pas sans violence mais qui n’est pas non plus sans grâce. C’est ce que j’ai envie de donner à voir à travers des corps beaux et chauds se mouvant dans des lieux froids et peu salubres. C’est cet aspect que je souhaite donner à la scénographie.
Au cinéma, on inviterait le spectateur à se pencher au-dessus du seau pour apprécier la qualité de l’ eau rose sur laquelle flotte la fameuse éponge que l’on jettera ou pas. C’est pour moi le souvenir le plus intense que j’ai d’une salle de boxe. J’ai pour cela demandé à Catherine Hetzlen de réaliser l’ambiance et la scénographie à l’image de ce seau. Des lieux où l’on fait abstraction des couleurs pour mettre intimement en rapport le blanc et le noir dans un bruit naturel de chaînes auxquelles sont suspendus les accessoires, le tout enraciné dans une musique qui colle, porte et fait suer dans le bon sens du terme.

Gilles Février