Un jour, dans le bus alors que je jouais les «Monologues du Vagin», je me suis dit: «Il faut que moi aussi j'enlève mon voile»… et c’est là qu’est née l’idée des
Monologues Voilés. Je voulais partir à la rencontre de ces femmes musulmanes de la première ou de la seconde génération de l’immigration. J'ai pris le temps, plusieurs mois,
pour rencontrer plus de soixante femmes musulmanes d’origines, d’âges et de milieux divers. J’insiste sur «milieux divers» parce que nous avons tendance à contingenter la
femme musulmane dans un quart-monde socio-économique. J'ai interviewé des Marocaines, des Turques, des Egyptiennes, des Somaliennes,… les plus jeunes avaient 17 ans, les plus
âgées 85 ans...
J'ai demandé à toutes ces femmes le plus souvent tiraillées entre leurs valeurs traditionnelles et nos valeurs européennes, de me parler de leur relation au plaisir, à la
tradition, au Coran, au viol, à la maternité, à l’homosexualité, à la circoncision, au désir,…
Je n’ai pas fait ce spectacle pour faire dire aux femmes musulmanes ce qu’elles disent ou pensent tout bas… elles ont le hammam pour ça... Non, j’ai créé avec elles Les
Monologues Voilés pour ouvrir les portes du dialogue.
Adelheid Roosen