Une révolution qui finit en queue de poisson, tristement couronnée par l’éclat de rire triomphant du démiurge farceur. Il ne s’est rien passé.
Et pourtant il s’est passé beaucoup de choses... un groupe de figurants a empêché une majestueuse représentation, pour en finir, peut-être, avec leur insignifiance
insupportable. Dix-neuf d’entre eux choisissent de rester dans le théâtre, habités par un vague objectif… qui peu à peu se précise et prend forme, non sans soulever des
désaccords et des erreurs. Petit à petit, en dépassant leurs limites, en oscillant entre ordre et chaos, toujours au bord du ridicule, ils découvrent le besoin de tout
recommencer à zéro : c’est à dire, en partant du vide, de la nudité, de l’anomie, en partant d’eux-mêmes. Mais c’est à ce moment-là que les protagonistes enfermés dans les
loges commencent à boycotter ce « nouveau départ » et le rendent impossible. Ils doivent donc décider de quelle façon ils vont s’opposer à eux, de quelle façon
ils vont les combattre. Et finalement ils découvrent que la base du collectif, c’est l’individuel. La question de Lénine « que faire ? » se révèle être
un « que dois-je faire ? ».
Quoi qu’il en soit, quelque chose a lieu quand rien ne se passe…