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Avec : François Berreur, Mireille Herbstmeyer

Ce qu’alors les deux sexes nommaient amour...

Ce qu’alors les deux sexes nommaient amour, était une sorte de commerce où l’on s’engageait, souvent même sans goût, où la commodité était toujours préférée à la sympathie, l’intérêt au plaisir, et le vice au sentiment. On disait trois fois à une femme qu’elle était jolie, car il n’en fallait pas plus : dès la première, assurément elle vous croyait, vous remerciait à la seconde, et assez communément vous récompensait à la troisième. Un homme, pour plaire, n’avait pas besoin d’être amoureux : dans des cas pressés, on le dispensait même d’être aimable. La première vue décidait une affaire, mais, en même temps, il était rare que le lendemain la vit subsister ; encore, en se quittant avec cette promptitude, ne prévenait-on pas toujours le dégoût.

Crébillon Fils

Benoît Bandelier (Lumières) Jean-Luc Lagarce (Scénographie)