Avant de parler de la compagnie Wuturi, il importe d’évoquer l’histoire de sa collaboration avec Marion Schoëvaërt. C’est elle en effet qui, durant l’été 2005, est venue à Séoul
pour convaincre Kim Kwang Lim, le directeur artistique de la troupe, de monter Les Coréens. Co-fondatrice d’une compagnie basée à New York, cette jeune
franco-américaine avait reçu peu avant l’encouragement de l’auteur pour que cette pièce voie le jour dans son pays «d’origine».
La compagnie Wuturi était peut-être la mieux placée pour relever le défi. Même 53 ans après l’armistice, il était risqué d’aborder si franchement l’épisode tragique de la guerre
de Corée. Avec une équipe composée de musiciens, de danseurs et de comédiens rompus aux mises en scène énergiques, Byun Jung Joo et Marion Schoëvaërt ont fait appel à leur
maîtrise des arts traditionnels. Mais ils ont su également s’inspirer du cinéma et plus généralement du monde d’aujourd’hui pour créer un spectacle comme on en voit rarement en
France.