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Verdun

Quand la France se regarde dans une glace, toute son histoire déroule ses atours. De batailles en conquêtes, la consécration civique du sang a façonné, à travers les siècles, la maison France d’aujourd’hui, c’est à dire la république de droit, qui a bien des égards, représente un standard pour les nations à venir.
Débarrassée des oripeaux de l’Empire et de sa gloire inique, paradoxal enfant de 1789, la France subit à rebours, l’implacable tectonique de l’histoire. A savoir, toutes ces théories d’êtres humains, des anciennes colonies, qui depuis l’outremer font chaque jour que Dieu fait, la même demande au ciel, à diable, où à quiconque saura couvrir de soir leur antique douleur : la demande est bien plus de justice que de richesse, de circulation de coeur, que de transfert d’or.

Un simple poser de regard, une simple parole idoine donneraient des ailes à la vérité, celle du droit des faits, la reconnaissance. Las, pour l’heure, la mémoire est à l’amnésie, triste figure philosophale à tourner la justice en vengeance, s’engendrent alors les pires aventures qui peuplent les journaux (des banlieues qui brûlent aux twin towers, il s’agit évidemment de la même demande, l’hystérie et l’horreur mises à part. Est ce le début de la fin ou la fin du début ?)
Le poser de regard, la double équivalence à panser les mémoires, à neutraliser les équivoques, de tous les côtés de la question, tel est le son de la sagesse.
Les coloniaux (à défaut d’un terme plus heureux), plus abruptement les émigrés, ont de leurs mains fait preuve d’oeuvre solide, à édifier la France physique d’après guerre (les trente glorieuses), ponts, autoroutes, chantiers, béton, Sonacotra, cela, peu de français de souche en doutent aujourd’hui, le format est validé.
Reste le reste, l’immense écheveau de la mémoire à décrypter tenace, à en délivrer la parole.
Ce texte est, à cet effet, et dans son inscription même, une modeste contribution.

Aziz Chouaki

 
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