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A propos

Malheur aux peuples qui ont besoin de héros. Bertold Brecht

La guerre arrive quand la parole devient caduque, quand les mots ne servent plus à rien, alors on cause avec des sabres, des blindés, des lance pierres. Tout ce qui fait douleur. Dès lors, l’agression devient une digression, une absence d’argument.
Écrire la guerre a quelque chose d’antinomique. Comment dire avec des mots ce qui arrive quand on ne peut plus dire ? Telle est l’équation du poète devant la guerre.
Dans les coloniaux, cet absurde joue au furet avec l’histoire, tout le long du texte. ‘La vraie version des aventures de Mohand-Akli dans la bataille de Verdun’ ou comment, sur ordre d’un figuier multimédia, un petit berger kabyle va se retrouver troufion de traviole à diriger la bataille uniquement parce que Les Pieds Nickelés sont de la partie.
Semble-t-il.
Ce semble-t-il, constitue pour moi un endroit de théâtre privilégié. En effet, c’est la juste frontière entre réel et imaginaire, là où tout devient possible, même parler de la guerre. La fantaisie, pays de cocagne, où l’humour enveloppe le drame, pour le rendre plus humain, trop humain, parfois.
De plus, en écrivant ce texte, en tant que descendant avéré d’un Mohand-Akli, je me suis retrouvé ruisselant de Sud, de ses doléances, des arrières mémoires cadenassées, des rancoeurs à vif (colonisation, esclavage, demande d’image, etc. ).
La travail du scribe consiste à gérer le pathos, l’enthousiasme, l’apothéose, le panthéon. Celui de l’huissier, à évacuer l’émotion, la morale, à s’en tenir aux faits.
Le poète a été exclu par Socrate de sa Cité idéale, car la poésie falsifierait l’histoire.
Le poète n’est un scribe ni un huissier.

Aziz Chouaki

 
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