L’agence de tourisme Real Voyages se doit de proposer à ses clients des excursions inédites. Pour ce faire, elle choisit d’organiser des circuits commentés à travers les banlieues des grandes villes d’Europe. Elle attire ainsi une clientèle aisée en quête d’aventure et de grands sentiments.
Paris, Bruxelles, Berlin, Milan… Les touristes ébahis visitent ainsi une mère récluse, là un immigré dont la vie tient en quelques formulaires. Mais c’est à l’intérieur du bus qui les conduit que se joue véritablement le voyage. S’y trouvent réuni un bouquet de belles âmes – un écrivain en mal d’inspiration, la rédactrice d’un magazine glamour, ou un couple de bourgeois pleins d’idéaux sublimes. S’y ajoutent, pour apporter ce qu’il faut d’exotisme au périple, deux adolescents natifs de la même cité : Jason, grande gueule et incivile notoire, décrété pour l’occasion, agent d’ambiance, et Olympe, un cœur pur. La rencontre entre les uns et les autres s’avèrera pour le moins explosive.
Cette mise en scène du tourisme de la misère attaque au vitriol nos compassions contemporaines et dénonce, non sans une cinglante ironie, la bonne conscience moralise de notre société.
Les Belles Âmes, Editions Points-Seuil, 2001, Avant-propos
Co-production : Compagnie Chimène, Théâtre National de Chaillot