Si nous devions contracter notre activité pour n’en garder que le fil, nous la verrions se tendre entre deux rives qui elles-mêmes s’écartent quand on y touche. L’une d’elle
pourrait signifier l’œuvre d’art, chemin qui ne mène nulle part mais où la nécessité semble battre comme un cœur, au dedans. L’autre rive c’est nous autres, naturellement, port
d’attache dénué de fondement mais dont l’effort consiste à combler cette fêlure par où se manifeste le tragique.
Reprenons le fil et posons la question du théâtre aujourd’hui dans la Cité ; rejoignons cette question fort ancienne qui a vu le jour au temps de Périclès : de
quelle filiation sommes-nous les rejetons et pour quoi faire ? Vaste chantier inaugurant une fois encore l’échafaudage du collectif à partir de cette idée, tragique s’il en
est, que l’humanité habitant la matière substitue notre liberté au mutisme des dieux. Préfiguration donc du projet « Chœur Antique/Chœur Contemporain » qui est tout autant le
lien charnel par quoi un monde existe que l’idée déposée qu’il ne saurait exister que POUR NOUS. Etape préliminaire au CYCLE DE L’ERRANCE.
Production : Nouveau Théâtre de Montreuil