« C’est alors qu’il tourna la tête et me vit. Nous nous contemplâmes ainsi, dans les brumes rampantes de l’Euphrate, silencieux et figés comme des statues perses. Et
lentement, précautionneusement, il reprit sa marche. Je le suivis au pas. »
Laurent Gaudé
« Alexandre le Grand va mourir. Après avoir battu le grand Darius, conquis Babylone et Samarkand, après avoir construit des villes et fondé un empire, il est terrassé par la
fièvre. Il ne lui reste que quelques heures à vivre. Il ne tremble pas. Il contemple la mort et l’invite à s’approcher pour lui raconter lui-même ce que fut sa vie. Alexandre
parle et la mort l’écoute. Le laissant revivre l’ivresse de son épopée et ressentir, une dernière fois, le désir. Celui de ne jamais interrompre sa course. De s’enfoncer toujours
plus loin, dans des terres inconnues. Le désir de rester toujours fidèle à cette soif intérieure que rien ne peut étancher. »
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