Transposant les relations complexes des personnages de la célèbre Chanson de Roland dans le XXIème siècle, Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre nous propulse dans
l’univers impitoyable de l’entreprise d’aujourd’hui.
Le Roland est constitué de trois épisodes : « La vengeance de Marsile », « La trahison de Ganelon » et « La colère de Carles
Magnes ».
« Ces trois épisodes ont pour thématique l’irruption du Moyen Âge aujourd’hui. Un moyen âge qui symbolise le triomphe de l’instinct sur la raison et du geste sur la
parole.
Carles Magnes est le directeur général du groupe Montjoie Monde. Montjoie Monde est le plus grand producteur de couteaux. Roland est le neveu de Carles Magnes et travaille pour
Montjoie Monde. Pour fêter la sortie d’un nouveau couteau, Roland invite Carles Magnes, sa femme Julienne et les membres du conseil d’administration de Montjoie Monde à dîner chez
lui, mais Aude, sa fiancée, a préparé un poulet basquaise au lieu d’une grande soupe.
Ces trois épisodes ont pour décor unique la cuisine d’Aude et Roland, ils racontent les événements tragiques qui émaillent cette soirée épique.
« La vengeance de Marsile » se déroule avant l’arrivée des premiers invités et met en scène le conflit qui oppose Aude à Roland sur la nature du plat de
résistance. À partir de ce détail, le couple sous pression se déchire jusqu’au meurtre de Roland.
« La trahison de Ganelon » raconte l’entrée des premiers invités : le conseil d’administration de Montjoie Monde dont Ganelon remet en cause la
politique. Face à la contestation, le conseil pousse Ganelon à la trahison pour pouvoir l’éliminer. On assiste au combat entre l’individu et le groupe : face à un évènement
irrationnel (l’absence de Aude et de Roland), pour ne pas « exploser » le groupe désigne un bouc émissaire, Ganelon.
Enfin « La colère de Carles Magnes » se situe à la fin de soirée, la violence a rempli l’âme du frère de Aude, Olivier, qui pour ne pas exploser trouve la
solution dans la détestation de l’autre, l’étranger, en l’occurrence les représentants des couteaux Marsile. C’est le moyen âge à l’intérieur de soi. »
Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre