La collaboration artistique entre Pierre Yves Chapalain et Philippe Carbonneaux, qui se sont rencontrés en travaillant conjointement avec Joël Pommerat, a démarré en 2005 avec la création, au Théâtre de l’Echangeur, de : « Ma Maison- Travaux d’agrandissement de la fosse » .
La création du « Rachat » est une continuité de cette première aventure et si, « Le Rachat » n’est pas une suite dramaturgique de « Ma Maison», il est un prolongement possible en écho à ce premier texte. En résonance avec Le Rachat, nous allons donc reprendre Ma Maison pour quelques représentations ; ces deux pièces seront jouées à la suite l’une de l’autre ou séparément. Il semblait important, à nos yeux, de pourvoir présenter ces deux pièces au public car Ma Maison traite de l’amitié fusionnelle et destructrice de deux hommes qui connaissent par trop leur passé, quand Le Rachat s’engouffre dans la relation amoureuse dès lors qu’elle devient possessive voire « cannibale ».
Elle et lui ont racheté une maison au bord de mer, ils aimeraient la restaurer afin de la posséder pleinement, mais la maison résiste et semble avoir sa vie propre : plus les travaux avancent, plus la maison est en chantier. Le couple est en crise, il se fissure de toute part…A l’instar de la bâtisse.
Pierre Yves Chapalain part toujours d’histoires simples : des retrouvailles entre amis qui réveillent d’obscurs démons (Ma Maison), ou, ici, un couple sombrant dans la violence d’une relation qui ne sait plus s’inventer.
Histoires simples, certes, mais qui empruntent les chemins du surnaturel, du fantastique pour changer de dimension, quitter le huis clos psychologique et brouiller les repères.
Patrick Lardy (NTB)
(Octobre 2006)
Notre collaboration artistique repose sur le même mécanisme adopté lors de la création de « Ma Maison ». Pierre-Yves Chapalain propose un texte de départ qu’il réécrit durant le temps des répétitions en lien avec ce qui se passe sur le plateau. Le travail reste ouvert jusqu'à l’extrême limite des représentations.
Il en va de même avec la lumière, le son et l’image ; Eric Soyer, Grégoire Leymarie, Gérald Marix font des propositions immédiates en réponse aux ambiances recherchées et au jeu des acteurs. Je considère que l’écriture scénique est aussi importante que les mots, alors, nous procédons par strates qui se superposent et interfèrent entre elles. Nous tentons de fabriquer ensemble des mondes complets et complexes où le texte est l’une des couches de cet univers qui s’élabore.
Pour ce deuxième spectacle en commun, nous avons exploré l’espace même de la maison puisque c’est celle du précédent spectacle et qu’elle représente ce que ce couple est en train de vivre. Elle cristallise ce qui fut heureux et ce qui, aujourd’hui, est devenu insupportable. Plus ce couple essaie d’y faire des travaux et moins cela avance, un peu comme leur histoire. Cette maison ne se termine jamais ; l’univers du spectacle sera celui d’un chantier à la fois concret et cauchemardesque.
Philippe Carbonneaux
(Octobre 2006)