« Ça commence comme dans un conte
Ça continue comme dans un songe
Ça finit par un gros mensonge »
Le monde, point à la ligne est notre toute première création, qui a vu le jour en 1997. Dans chacun de nos spectacles, il a toujours été question du temps qui passe et de la Terre qui tourne. C'est comme si nous étions partis sur une route, un peu à l'aventure, et qu'aujourd'hui, après de longs détours, le chemin nous ramenait à la maison. C'est le soir. Nous revenons par la petite porte de derrière. Nous avons envie de ce retour aux origines pour rebondir ailleurs.
Spectacle créé dans une certaine insouciance, l'idée de cette reprise nous a traversé l'esprit comme une sorte d'évidence.
Sylviane Fortuny et Philippe Dorin
Trois naissances du monde: une fausse, une courte, une secrète
Elles sont deux assises au bord d'un cercle. Elles vont nous raconter comment le monde est né. Celle qui sait parle la première. Mais dès qu'elle ouvre la bouche celle qui parle
la première en perd la parole. Et c'est l'autre qui en profite pour nous raconter, sur les ruines de cette langue perdue, sa version de la naissance du monde qui, forcément, n'est
pas la vraie.
Sous forme d'un songe, elles nous font vivre quelques instants de cette naissance, avant de nous avouer que c'est un mensonge.
Alors, elles vont recommencer du début pour nous en raconter une nouvelle. Mais comme elles ont perdu beaucoup de temps, elles nous la résument en quelques phrases. Et enfin,
juste avant que le spectacle se termine, elles s'en racontent une autre à voix basse. Mais celle-ci, nous ne l'entendons pas. A nous de l'imaginer.
Pour nous raconter tout ça, elles disposent de 220 feuilles de papier blanc. Elles vont en gaspiller 219 en bêtises inutiles, et c'est sur la dernière qu'il faudra faire naître
tout.
Un rond
Le public est invité à s'asseoir en cercle autour d'un dallage de papier. Ce cercle évoque, une planète, une ronde, une horloge, un manège, le jeu du mouchoir. Il permet aux spectateurs d'être tout près, d'entendre et de voir de toutes petites choses. Il est le support de jeu de deux jeunes femmes qui se produisent tantôt dedans, tantôt au bord, et tantôt autour.
Deux jeunes femmes
Deux jeunes femmes racontent la naissance du monde, et ça commence comme dans un conte. Mais l'une des deux perd le langage et s'endort. Alors l'autre devient une sorte de fée et ça continue comme dans un songe. La première est un petit garçon, la seconde une petite dame, puis un petit monsieur. Ils se rencontrent, le temps de dire "Oh !", de faire naître la nuit et l'écriture, et ça finit par un gros mensonge.
Du papier et de l'encre bleue
Pour seul décor et uniques accessoires, une ramette de papier blanc et un flacon d'encre bleue. Les feuilles de papier évoquent le carrelage d'une maison, un jardin potager, les
fruits d'un arbre, la guirlande d'un petit bal de plein air, un mouchoir blanc. Le flacon d'encre bleue évoque une petite rivière.
De leur rencontre nait l'écriture, et une petite place est accordée à l'écrivain au milieu du monde.