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L’Histoire

La Solitude
Au milieu d’un grand vide, une maison blanche et bancale. C’est la maison du Grand Nain. Le Grand Nain compte et parle tout seul. À sa façon d’acrobate, il entreprend de ramasser les débris, de recoller les morceaux, d’ordonner le chaos, et ainsi de donner un sens à son existence. Comme un animal en cage, il rôde. Là, au milieu, il y a cet amas de terre qui souille la blancheur du plancher. C’est trop gros, trop sale, et il voudrait ne pas le voir, faire comme si cela n’existait pas. C’est impossible : du tas de terre émerge un pied.

La Rencontre
Le Grand Nain tire sur ce pied et déterre un être tout nu, un sauvage à peine maquillé. D’abord, il ne tient qu’un corps inerte et s’en sert comme d’une béquille pour se relever puis ses attouchements s’appliquent à lui donner vie. Enfin, il réussit à le mettre debout. L’homme ouvre les yeux et se met à marcher. « Tu te prends pour Vendredi ? ». L’histoire de la relation commence. À l’écart du monde, ce sont deux solitudes qui se mêlent. L’un est sauvage, l’autre est civilisé. Ils s’inventent une société minimale où s’opposent les obsessions moralistes de l’un et les candeurs de l’autre. Ils se jouent des scènes, s’affrontent et dansent. Ils se mélangent. Qui est Vendredi ?

L’Échange et la mort
Le personnage est acculé dans ses principes et ses rigidités, dans sa fraîcheur joyeuse et naïve. L’échange dynamite la frontière entre l’intérieur et l’extérieur. L’île et l’Océan. Le Grand Nain craque. Ou c’est plutôt l’acteur qui joue le Grand nain qui craque. Il explique alors qu’il en a assez de jouer son rôle et entreprend de retirer son costume, sa carapace. Tandis qu’il amorce une danse libératrice, le Sauvage prend enfin la parole et entame un débat avec le public. Est-ce du théâtre, est-ce du cirque ? Sommes-nous créateur de notre propre rôle ? Retour à la fiction. Un ours pénètre dans l’enceinte du théâtre. Vendredi saisit un fusil et le tue..