Extraits:
Véronique, la mère de la victime lorsqu'elle relit le constat pour l'arrangement à l'amiable: "Votre fils armé d'un bâton. " Le père du 'bourreau' interrompt: "Armé? N'est-ce
pas un peu exagéré?" Véronique, aimable: 'Vous préférez 'doté', 'muni' ? C'est comme en Amérique, le mot pas la chose!
Plus loin : "Il ne faudrait pas confondre les victimes et les bourreaux !"
Michel : "Je vais vous dire, toutes ces délibérations à la con, j’en ai par-dessus la tête. On a voulu être sympathiques, on a acheté des tulipes, ma femme m’a déguisé en type
de gauche, mais la vérité est que je n’ai aucun self control, je suis un caractériel pur. "
Annette: "On vient dans leur maison pour arranger les choses et on se fait insulter, et brutaliser, et imposer des cours de citoyenneté planétaire, notre fils a bien fait de
cogner le vôtre, et vos droits de l’homme je me torche avec! "
Alain : "Calme-toi Toutou!" Hilarité, Touttou Rien?
A Véronique : "Vous faites partie de la même catégorie de femmes (que Jane Fonda), les femmes investies, solutionnantes, ce n’est pas ce qu’on aime chez les femmes, ce qu’on
aime chez les femmes c’est la sensualité, la folie, les hormones, les femmes qui font état de leur clairvoyance, les gardiennes du monde nous rebutent, même lui ce pauvre
Michel, votre mari, est rebuté…" Alliance masculine.
Les monstres sont lâchés!
Pour commencer : du piano martelé style carnage dans le noir absolu. Puis la lumière illumine des personnages figés dans un calme apparent. Le décor est plus que banal, à part au fond une immense toile couverte de fissures de ruptures de dédales, un grand Rien, comme les craquelures d’un désert d’amour. Soudain, chaque nature s’anime en toute civilité : un bon fils travailleur et méritoire complètement harcelé par sa mère, une femme éprise de changements planétaires, sublimée par ses idéologies niant haut et fort la violence, le dieu du Carnage. Pour elle c’est le dialogue à tout prix, mais une parole de trop et tout dérape ! Un avocat ridiculement ensorcelé par son portable incapable de se tenir debout sans son attribut électronique. Une femme poupée, incapable de se contenir au propre et au figuré, crachant venin de tripes dès qu’on s’en prend à son rejeton, lui qui est bourreau et non pas victime! Une victime expiatoire : le pauvre cochon d’Inde détesté, ensuite exilé, sans doute mort de peur et de froid… Les enfants, par qui tout arrive, totalement absents, loin de ces violences d’école maternelle. Voici une promenade jeu de massacre où les alliances ne cessent de s’inverser dans l’absurdité la plus complète. Scènes de pugilats paroxystiques bien aidées par les effets désinhibiteurs de l’alcool. Pour finir un requiem pour le cochon d’Inde assassiné. A vrai dire, le seul non coupable si ce n’et d’exister. Musique douce, extinction des voix et des lumières .Vive le silence hypocrite. Les quatre comédiens rivalisent d’excellence, chacun campé avec justesse et conviction dans son rôle, un peu comme dans une comédie de boulevard il est vrai, mais que de rires au cœur du cynisme de la situation. Toutes ces scènes dévoilent en crescendo très étudié un certain naturel de l’homme, égoïste et dictateur, qu’il serait bon de d’amener vers des sphères un peu plus élevées. Vers -un autre dieu s’il existe, un autre idéal.