« En juillet 2000 j’écrivais Le début de l’A.
En janvier 2005 je mettais en scène ce texte à la Comédie-Française. Pile au milieu du spectacle, dans l’espace blanc, les deux acteurs répartis de part et d’autre d’une Ducati
999 rouge, habillés l’un et l’autre de la même façon, interrompaient le texte, se déshabillaient entièrement, s’approchaient et s’embrassaient, nus, pendant de longues minutes,
dans le silence. Puis ils se rhabillaient en rentrant dans les habits de l’autre et reprenaient le cours du texte. Ces quelques minutes de suspension – ces deux corps nus, un
baiser – sont l’objet de Libido Sciendi.
Libido Sciendi veut dire je veux savoir, mais par extension et en fonction du contexte j’apprends par le sexe ou encore je suis enseigné par la sexualité. Je veux
savoir.
C’est ce temps de suspension – ces deux corps nus, ce baiser – que j’ouvre, au sens où je l’étends, l’élargis, lui donne de la place, du volume, du temps. Où je lui donne
corps.
Ce moment que j’avais entr’ouvert sur la scène du théâtre, je l’agrandis sur la scène de la danse. »
PROLONGEMENT DANSE
Libido Sciendi créé par Pascal Rambert pour le festival Montpellier Danse 2008 est un agrandissement de ce baiser sur un plateau de danse, c’est un accouplement chorégraphique qui
met en relation toutes les parties du corps.
La scène devient le lieu du désir physique, soit une définition possible de la danse.
PROLONGEMENT CiNéMA
Avec la caméra, Pascal Rambert travaille de la même manière, le langage n’est pas celui des mots mais celui du pouls, du sang sous la peau.
Ses trois courts-métrages : Quand nous étions Punk, (2004), Début (2006), Avant que tu reviennes (2007) sélection de Locarno 2008, seront
rassemblés et présentés pendant les représentations du début de l’A. au théâtre2gennevilliers.