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Présentation

Du roman au théâtre… en passant par le cinéma…

Le premier roman noir de l’horreur économique…
(Le Monde Diplomatique)

Quelques pages vigoureuses qui frôlent le chef d’oeuvre !
(Télérama)

Si notre sinistre société avait une autre échelle de valeurs, Westlake aurait reçu le prix Pulitzer... et il aurait sa statue dans les jardins publics.
(Washington Post)

"Le premier roman noir de l’horreur économique"

Dans l’oeuvre immense de Westlake, dont on ne retient souvent que la veine comique, Le Couperet est le chef-d’oeuvre du versant sombre et cynique.
Sorti aux Etats-Unis au milieu des années 90 avant d’être traduit en Français en 1999, le roman de Westlake est d’emblée salué par la presse comme par le public, tant il semble toucher juste en pleine période d’éclatement de la bulle spéculative.

La forme "polar" chère à Westlake lui permet en effet, avec un humour noir implacable, de pousser la logique néolibérale dans ses derniers retranchements. L’analyse qu’il fait de notre société est d’une froide lucidité, qui met à nu les rouages d’un système : car on l’aura compris, les meurtres commis par Burke ne sont que la métaphore de ce qu’un capitalisme dépourvu de toute valeur humaine applique à l’échelle mondiale.
Westlake semble nous dire qu’au fond, dans le monde tel qu’il est, Burke a le bon droit pour lui…

Un film de Costa-Gavras

Un pareil propos ne pouvait qu’intéresser un cinéaste comme Costa-Gavras.
Il attendra une dizaine d’années pour réaliser son adaptation : les droits avaient été achetés par un studio américain, qui a finalement renoncé à aborder le sujet…
Le film, avec José Garcia dans le rôle principal, reste assez fidèle au roman dans le déroulement de l’intrigue.
Il s’en éloigne néanmoins presque naturellement par la forme cinématographique - mais aussi par certains choix de l’adaptation : le recentrage sur les aspects «policiers» de cette intrigue, la transposition de la réalité américaine en Belgique, la modification du final qui lui apporte une certaine forme de moralisme…

Une adaptation proche du roman et de son écriture

En revanche, l’adaptation théâtrale permettra quant à elle de revenir aux sources même du roman :
- en remettant en avant l’humour noir et l’amoralité qui le sous-tendent ;
- et en faisant surtout entendre sur scène la saveur dévastatrice de l’écriture de Westlake et la férocité de la satire du néolibéralisme qui s’en dégage.
Une satire dont il semble à peine utile de dire qu’après la nouvelle crise financière de 2008, elle est plus que jamais d’une terrible actualité.

Eudes Labrusse