Un homme raconte ses dernières retrouvailles avec son amant malade du sida et proche de la mort. Le temps d'un week-end, ils vont se retrouver avec, comme point culminant, un bain qu'ils prendront ensemble, qui va les apaiser et faire office d'adieu.
Récit autobiographique ?
Le Bain fait partie de Trois Récits.
Le premier, L'Apprentissage est une fiction. Le troisième, Le Voyage à La Haye fait partie du journal intime de Jean-Luc Lagarce.
Entre les deux, Le Bain. Entre fiction et journal ? Phantasme et réalité ?
Le texte prend pourtant toutes les formes de la biographie : adresse au public, noms de personnes réelles (Müller, Ron…) et nom dissimulé (G., son amant), précision des
symptômes de la maladie qui pourtant ne dit jamais son nom…
Le Bain serait-il le moment dont Lagarce a rêvé ? L'adieu qui lui a manqué ?
Le Bain nous propose une réponse très nietzschéènne face à l'absurdité de l'existence : pas de salut de l'âme, pas d'au-delà, pas de jugement dernier, mais une réalité bien terrestre : deux hommes dans un bain, occupés de leur corps, baignés de douceur, et vivants malgré tout !
Le Bain, pourrait être ce silence particulier qui découle de la difficulté de se dire. Cet impossible à dire qui souvent crée le malaise, la béance que l'on tente de remplir par de brefs éclats, esquisse d'une révolte pour tenter de se dire à l'autre, et de se trouver soi-même.
Là, l'un ne poursuit pas l'autre. Ils sont ensemble ici et maintenant. Une rencontre véritable, dans l'intimité du corps, où chacun va pouvoir dire à l'autre son monde.
La rencontre avec un être aimé, une caresse sur la peau, le frisson devant la beauté : tout cela se déroule en dehors du temps.
Peu importe que l'on rencontre la beauté l'espace d'une seconde ou l'espace de cent ans : c'est ce qui donne à la vie son merveilleux contenu, le temps d'un Bain…