Jean-Claude Romand a tué sa femme, ses enfants, ses parents. Son crime est atroce. Il a été jugé et condamné à la peine maximale : la réclusion criminelle à perpétuité
assortie d’une peine de sûreté de vingt-deux ans. Il n’est pas question aujourd’hui d’instruire à nouveau le procès de cet homme, il n’est pas question de se substituer à la
justice.
Emmanuel Carrère voulait enquêter au-delà des faits. Il souhaitait mettre à jour les « forces terribles » qui ont poussé Romand à commettre l’irréparable. Pour cela, il a
correspondu avec lui. Il s’est placé, littéralement, dans ses pas. Il a refait le chemin, depuis l’enfance de Romand jusqu’à ce samedi fatal de janvier 1993.
Emmanuel Carrère n’est pas sorti indemne de cette plongée dans l’intime du « monstre ». Cette quête l’a confronté à ses propres démons et le mystère Romand demeure. Il n’est
pas possible de dessiner le visage de l’Adversaire.
Emmanuel Carrère/Éric Challier se présente aujourd’hui sur une scène de théâtre pour refaire l’enquête devant nous. Une nouvelle fois (la dernière ?), il va tenter de suivre
le chemin qui conduit un homme à se métamorphoser en monstre, pour comprendre, enfin.
Et peut-être, avec nous, alors, l’Adversaire apparaîtra en pleine lumière…