Ce spectacle est né de la rencontre entre un auteur et une comédienne, d’une véritable nécessité théâtrale et humaine. Jean-Frédéric Vernier a inventé le personnage de Pauline comme un cadeau pour Clémentine Amouroux. Pauline, dont la langue happe la vie avec violence ou délectation, amusement ou colère, Pauline à laquelle Clémentine Amouroux donne une voix et un corps. Un spectacle tantôt contemplatif, au cœur des choses, tantôt tournant autour des êtres avec amour, avec crainte aussi parfois, qui nous parle de nous, de la mort comme une ombre – avec la folie comme une lumière crue sur nos existences. Le Colombier a donc choisi de soutenir la création de ce texte inédit, de ce monologue passionné, véritable défi lancé au plateau par une actrice qui s’en était éloignée.
Une voix comme une vague qui s’approche de nous, qui s’écarte pour laisser respirer une émotion,
Résonner les paroles d’une chanson…
Une voix pour chanter ensemble les souffrances et les joies.
Une voix qui se fond entre les choses, qui délie toute identité,
qui laisse émerger les murmures d’une voix plus ancienne,
affleurer un parfum, une saveur…
une ombre.
La mort au cœur d’une voix vient à nous avec des fleurs et des pommes dans la main.
Une voix qui se brise, toujours prête à basculer, environnée d’autres visages, d’autres paroles, qui lutte avec sa mémoire morcelée.
Une voix s’élance du fond déchiré d’une conscience pour venir chuchoter à notre oreille.
Cette voix, c’est Pauline.
Gilles Amalvi