Un diptyque, une composition en deux tableaux. Le Tchécoslovaque Bohumil Hrabal, l’Argentin Copi, deux auteurs contemporains l’un de l’autre, font d’un Rat leur porte-parole.
Tout commence dans les entrailles de Prague, dans la cave d’où s’élève la voix de Hanta, recycleur de vieux papiers, presseur de livres interdits, qui raconte ses trente-cinq années passées à actionner sa machine. Voix prégnante de mille voix, celles des amours passées, des amis disparus, des auteurs censurés, qui trouent l’obscurité de sa cave…
Puis, départ en pays inca, pour la Pyramide que se partagent une reine aveugle, une princesse affamée, un jésuite malade d’amour, dont un rat millionnaire vient perturber l’équilibre précaire… Qui mangera qui ? La question hante le triangle de ce vaudeville cannibale.
Ces deux oeuvres agissent en résonance l’une avec l’autre. Le pays d’origine des auteurs y est sans doute pour quelque chose. La Tchécoslovaquie communiste d’une part, où l’oeuvre de Hrabal fut souvent censurée. L’Argentine pour Copi l’exilé – laquelle est sur le point, en 1975, de basculer dans la dictature militaire. Tous deux répondent – ou résistent – à l’oppression, ou à la simple monotonie de l’existence, au moyen d’une imagination débridée. Opérant, en auteurs alchimistes, d’extraordinaires métamorphoses du réel.
Production : Théâtre de Sartrouville
Coproduction Nouveau Théâtre (Besançon), Théâtre des deux Rives
© L. Fréchuret