Pour créer ce dispositif scénique, je me suis inspirée d’une image saisissante largement diffusée dans les médias ces derniers mois. Souvenez-vous de cette petite maison rebelle perchée sur une éminence de terre: tout autour, 10 mètres de vide et des pelles mécaniques voraces et impatientes. Un chantier énorme. Et elle si petite, qui résiste, vaille que vaille. Il m’a semblé que la famille décrite dans le roman de Duras était à l’image de cette maison : isolée, en équilibre instable, ramassée sur elle-même. Et pourtant, malgré les difficultés, on s’aime dans cette maison, on rit, on vit comme partout ailleurs, peut-être même plus qu’ailleurs, il y a une intensité folle. Chaque instant pourrait être le dernier. Cette maison est le centre. Elle est la famille. Hors du monde. Et autour, il y a le reste, tout le reste. Une abstraction.
Nicole Gredy, scénographe
Texte tiré du journal de création du spectacle