«Mieko, une jeune strip-teaseuse, vient de mourir, et c’est elle qui raconte, à la première personne, ce qu’il advient de son corps vendu par sa famille à un hôpital. En quelque sorte, la disparition progressive de son enveloppe charnelle est comme un définitif et (néanmoins érotique) désabillage»
«Quelle piste donc pour cette dernière danse macabre dont nous serions les spectateurs-voyeurs ? Un lieu d’exposition est une première réponse : là où l’on (s’)exhibe.»
«C’est dans la tension entre absence et présence que se jouera la représentation. Celle-ci est déjà le propre du Théâtre qui montre l’absence dans le corps concret de ce qui est là, qui finalement expose ce qui n’est pas là dans ce qui est là. Ici, cela va plus loin puisque ce qui est là est doublement absent : il s’agit d’une présence réellement présente à son absence».
«Il s’agit ici d’absenter l’actrice, d’escamoter le corps de celle-ci, d’y renoncer d’une manière ou d’une autre et cependant de faire exister la disparue justement en creux (dans son corps immobile manipulé comme dans le Nô par des Koken)».
«L’impesanteur avec laquelle la jeune fille nous dévoile sa cruelle aventure, sa légèreté en somme, nous amène à nouveau à l’entre-deux : il n’y a plus de gravité. Transparence et suspension : l’air et l’eau seront présents».
«Cette voix si proche et lointaine doit continuer de susurrer en nous».
Marc-Ange Sanz