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Présentation

La spécificité du texte de Delteil est d’être un concentré d’énergie. L’auteur brasse, mêle : le ciel – la laine des bestiaux – le blé – l’odeur de l’étable – la terre, baigne le tout dans la Meuse et insuffle à son généreux agrégat une vitalité communicative. Impossible de rester sage devant SA Jeanne. On veut jouer avec elle. Delteil balaie d’un seul mouvement la question de la réelle existence de Jeanne d’Arc. Il nous emplit d’une certitude : elle vit. Elle est devant nous. La voilà : « La fille belle des victoires .» On est fasciné. Chacun au fond de soi est satisfait, car le peuple veut croire en la jeune paysanne rejetant « les calculs mous comme du fromage » et avec qui il faut toujours dire « évidemment »… De la naissance au bûcher, les grands événements nous sont rapportés, non du point de vue historique, mais de celui du coeur, de l’organe central, du muscle qui bat et impose son rythme. Tout naturellement, la mise en scène suit le même schéma que le texte. Le spectacle va se constituer sous nos yeux. Une actrice seule prend possession d’un plateau nu. La vraie nudité, pas celle de l’absence, du dépouillement, mais de l’abandon. Une femme entre dans un théâtre en repos. Seule la servante est allumée. La scène ressemble à celle de tous les théâtres du monde. Sont posés là l’échelle pour les lumières, les élingues pour les cintres, le balai pour le plateau, les chariots pour transporter le matériel, bref, les outils naturels du théâtre. Confiante en la force du verbe, il suffira à l’actrice de parler pour que la chose existe. Pleine de foi en son art, l’artiste, folle de liberté, baptise à qui mieux mieux : tire une table, grimpe dessus, et voilà le beau cheval offert par Charles VII ! Alignant scrupuleusement des pieds de projecteurs, c’est toute l’armée vivante dont elle prend le commandement qui surgit ! Joie naïve. Cette générosité théâtrale parle à chacun. Elle entretient la force de l’illusion.

Jean-Pierre Jourdain

 
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