theatre-contemporain.net

 
vous êtes ici : Accueil Spectacles La Festa (La Fête) Pourquoi La festa ?
Partager ce spectacle » 
 
 
 

Pourquoi La festa ?

C’est une espèce de rituel irrationnel sur la difficulté de se tolérer ... Spiro Scimone

Dans cette fable toute simple, il y autant d’éléments qui pourraient nous faire réécrire les Misérables, mais là n’est pas le propos de l’auteur.

Dans mon parcours de metteur en scène, je me suis toujours attaché à travailler sur la mémoire collective en opposition avec la mémoire individuelle. Il y a eu Les Oranges d’Aziz Chouaki, retraçant l’histoire de l’Algérie depuis la première présence française jusqu’à aujourd’hui. Puis Golpe de luna llena de Mario Santander et Agustin Nuñes, racontant la folie collective d’un pays sortant de la dictature et courant après son histoire, puis La Camoufle de Remi De Vos, qui, à travers une histoire singulière, pointe les questions sans réponse sur les errances de notre histoire de 1914 à 1961.

Avec La Festa, un nouveau volet de mon travail s’ouvre : une réflexion sur le rapport au social dans une société occidentale dite riche, mais où une partie de la population est obligée de s’inventer une activité illicite pour trouver de quoi se maintenir la tête hors de l’eau. Il y a les actifs et les passifs, ceux qui participent sous n’importe quelle forme à ce travail illicite, dont celui de fermer les yeux par crainte ou par menu bénéfice.

Dans de nombreuses cités autour de nos grandes villes existent des zones où des populations brisées par la misère sociale laissent se dérouler devant eux divers trafics, auxquels peuvent également participer des enfants ou des parents de cette cité. La loi du silence est de règle dans ces zones voyant l’émergence d’une société ou les codes et la morale ne correspondent plus à nos lois.

La place des mères y est particulière : elles observent, elles savent exactement ce qui se passe mais n’empêchent rien, ne favorisent rien non plus. Elles profitent mais ne se servent pas. Ce sont des femmes résignées, soumises dans leur silence. Elles deviennent filles, mères, visiteuses de prison, veuves. Comme si des siècles de servitude leur avaient juste donné le droit de distribuer un reste de tendresse et quelques repaires simples dans un langage codé et silencieux.

Laurent Vacher