Le « mafioso » sicilien se reconnaît à l’air de supériorité qu’il affiche, aux contacts rapprochés, ventre contre ventre, visage contre visage, qu’il entretient avec les autres hommes, et à sa propension à la communication par gestes allusifs et virils, qui isolent et excluent les non initiés. Il y a toujours des femmes aussi. Femmes du peuple qui exhibent la photo d’un mari ou d’un fils. Femmes de mafieux folles de douleur ou bien passives, assises, vêtues de noir, offrant leur assistance à ceux qui sont tombés comme des chiens le nez dans le caniveau, en travers d’une table ou sur le bord d’un trottoir.
Marcelle Padovani
dans Chroniques Siciliennes
Coproduction Compagnie du Bredin, L'Apostrophe, Théâtre Gérard Philipe de Frouard, L’ARC