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Note d’intention mise en scène

A la première lecture de la pièce ce qui m’a le plus frappé, outre la violence du sujet, ce sont les tentatives d’Ari pour maîtriser ce qui lui arrive et plus précisément ses invectives quand il n’agit pas, ne pense pas comme il le faudrait, selon lui. Dans ces moments les « je » et les « tu » s’entrechoquent vivement.
J’ai alors tout de suite pensé que le récit d’Ari pouvait être postérieur à la mort de Lucy et à la balade, comme s’il était une tentative, probablement répétée, de comprendre la mort, de l’exorciser, une introspection pour mieux renaître.
Par ailleurs comme toujours chez Fabrice Melquiot, ce qui est étonnant dans ce texte c’est la quasi-opposition entre les émotions des personnages, extrêmement variées et foisonnantes, et la précision simple, carrée, de certaines remarques et des didascalies qui donnent souvent aux textes de Fabrice l’allure d’un scénario de film.

De ces sensations et réflexion est née la conviction que ce récit d’Ari est un rituel pour s’affranchir de la mort, apprendre à porter en lui l’absence de sa mère, apprendre à vivre avec ce vide et se préparer à sa nouvelle vie. Ce rituel, reproduit et reproduit encore, nécessite accessoires, fétiches…Tantôt Ari parle, tantôt les objets parlent, tantôt les souvenirs parlent et même parfois contre la volonté d’Ari.

De ce principe nous tenterons de créer un spectacle où se mêleront le rite, et donc le formel (avec manipulation d’objets) et le quotidien peut-être même le naturel. De même l’espace scénique (Est-ce l’appartement de Lucy et Ari ? Cela pourrait…) évoquera tantôt un espace réel tantôt l’espace mental d’Ari, sans aucun changement de décor, grâce à l’imagination de Pascale Blaison, la scénographe et grâce à l’univers sonore de Francine Ferrer et l’univers lumineux de Philippe Lacombe.
Nous poursuivrons ainsi l’ambition de faire entendre aux spectateurs tant le cœur, et même la drôlerie parfois, de ce récit, que la poésie de la langue de Fabrice Melquiot.

Olivier David