C’est en plasticien que Jan Lauwers conçoit ses mises en scène directes et visuelles qui s’inscrivent dans le renouveau artistique des Flandres du début des années quatre-vingt. Fondateur de la Needcompany en 1985, il s’oriente vers des pièces fragmentées, pensantes et transparentes, où la violence et l’amour, l’érotisme et la mort s’articulent dans un va-et-vient permanent entre le jeu et le non-jeu. Après l’exploration d’un théâtre chorégraphique d’une dureté délibérée qui culmine avec Snakesong Trilogy (1994-1998) où Jan Lauwers cherche à « exagérer, parce que la vérité peut être ennuyeuse », il change de ton. Utopie et maladie, mensonge et intimité, humour franc et désespéré (Morning Song, 1999 ; Images of Affection, 2002) : les pièces de “la compagnie du besoin” se colorent à présent d’une douceur, d’une gravité, d’une drôlerie et d’une légèreté déconcertantes.