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Ecrire pour le Théâtre Dromesko

“Quand Igor, Lily et Paolo Magelli m’ont demandé d’écrire une pièce pour le Théâtre Dromesko, ils ne sont pas arrivés les mains vides. Je dirai même qu’ils avaient fait le plus difficile : construit un univers spectaculaire. On connaissait le lieu dans lequel le spectacle serait créé et le découpage en six petites fêtes était déjà pensé. Tous les acteurs et les musiciens étaient déjà presque choisis.

ça m’a rappelé la manière de procéder que j’utilisais quand j’étais moi-même débutant metteur en scène, acteur et auteur (…). Assis devant ma machine à écrire je notais sur du papier ce que les spectateurs allaient entendre lors de la représentation à venir. ça donnait un texte organisé en répliques et les spécialistes appellent ça une pièce de théâtre. Mais pour moi c’était du matériau brut, de la matière première. C’était il y a plus de trente ans et les cinq pièces sont devenues absolument illisibles, ce sont des fragments, des manuscrits déchirés qui n’ont ni queue, ni tête (…).

Le plus important c’est que ces pièces sont le résidu (ce qui reste après usage) de ma formidable envie d’être acteur qui me tenait et me poussait quand j’étais jeune. Et être acteur pour moi c’était changer le monde ! En tout cas changer mon monde ! Ne pas se suffire d’être spectateur mais agir : monter sur un plateau pour être plus haut que les autres, parler de ce que je pensais à l’intérieur de moi-même, le faire partager au plus grand nombre, les faire rire surtout et finir la soirée en allant boire et manger jusqu’au petit matin !

On voit maintenant où je veux en venir !

Après les cinq premières fêtes écrites et imaginées en s’inspirant de la vie de Paolo Magelli, la sixième et finale fête restera ainsi en suspens. Elle sera musicale, impromptue et silencieusement habitée par tous les mots entendus précédemment ! Comme si l’art théâtral réussissait à contaminer notre vie peut-être pas en changeant le monde entier mais au moins une soirée et une nuit !”

Serge Valletti