Comment relever le défi de cette écriture ?
Où trouver de nouveaux repères là où il n’y a pas d’histoire à raconter ni d’émotions à éprouver autres que celle d’être là, ici et maintenant, face à un public, à proférer des
paroles, à réaliser à nouveau le drame de « l’animal parlant ». Il y a quelque chose d’effrayant et en même temps de terriblement excitant à se trouver devant cette terra
incognita qui est toute entière à découvrir.
Sur cette terre vierge, les mots ont le sens qu’on veut leur donner selon la couleur, le son, la matière qu’ils évoquent à leur profération.
Conquérir cette terre inconnue court-circuite toute approche intellectuelle pour ne laisser place qu’à l’ivresse du jeu, faisant ressurgir chez chacun des personnages tout ce
qu’il y a d’enfance et d’innocence.
Musique
Un quatuor représente le "Choeur des Enfants de la Colère", une soprano accordéoniste, une alto violoniste, un ténor percussionniste et une violoncelliste.
Le travail musical et sonore est fondé sur le rapport entre la dimension classique apportée par des chants liturgiques et la profération du texte de Valère Novarina.
Alléluia du Messie de Haendel, Ave Verum de Mozart, Gloria de Vivaldi. Moments de dualité où les comédiens combattent l'espace sonore
classique, rigoureux et "parfait" avec leurs mots, leurs sons et leur langue.
Ave Maria de Gounod, Ave Maria de Schubert. Moments en accord avec le texte où la musique sublime l'émotion. Le code est donné au spectateur : texte et
musique passent par les sens et non par l'intellect.
Des créations originales : "Chanson des Chiffres", "L'homme n'est pas bon", "Chanson de l'amour". Lorsque le texte se fait musique, principe même de l'Opéra. Les comédiens,
dans une folie, se mettent à chanter leur texte. Interviennent les instruments, accordéon, violon, saladier rythmique.