Rencontre entre deux « maîtres imagiers », deux déchiffreurs du monde.
Figure emblématique du conte, Henri Gougaud voulait être à 15 ans poète sinon rien. Il sera d’abord parolier pour Juliette Gréco, Jean Ferrat, Serge Reggiani ou les Frères
Jacques. Depuis plus de 30 ans, à la manière des troubadours du pays occitan où il a grandi, il collecte les histoires du monde. Et ses textes savoureux, portés par un phrasé à
la musicalité légère, éveillent l’oreille, l’intelligence, les rires aussi. Voyageur de l’esprit et du mythe, passeur infatigable, il donne à ses récits la profondeur que l’on
souhaiterait parfois à la vie.
Ezéquiel Garcia-Romeu égrène, depuis deux saisons au Théâtre de la Commune, en grand horloger de la vie, des secondes éternelles. De minuscules poupées, faites de terre et de chiffon, sont les gardiennes de ces fragments d’ailleurs, parenthèses d’exception, qui laissent dans le coeur des spectateurs des traces indélébiles. Il ouvre des passages vers nos vérités intérieures, en forçant notre regard. Avec lui, on a le sentiment que le secret du monde est à notre portée.
L’Arbre d’Amour réunit ces deux belles personnes autour des grandes variations de l’Amour, parfois grivois, jamais coupable, et toujours Grand comme la source de vie qu’il est. Des marionnettes, tout en malice et en rythme avec la voix profonde d’Henri Gougaud, dessineront les contours discrets d’un théâtre des premières fois, qui se construit au gré de l’imaginaire, en quête d’une innocence retrouvée.