Encore une victoire comme celle-là et je serai complètement défait.
Kyoto Forever est un sommet toujours recommencé où les émissaires de l’humanité se battent et se réconcilient au milieu des cyclones, des inondations et des
incendies.
Avec planisphère déformé et experts dansants sur l’Antarctique.
C’est une table de négociation devenue surface d’aplanissement et rampe de lancement.
C’est la danse des cigales de l’environnement, le chant des Hauts de Hurlevent, le feu d’artifice des milieux naturels et la douce comédie des hommes.
Revenir au changement climatique.
Après le spectacle Mauvais Temps que nous avons créé en 2005, voici une nouvelle « histoire » de climat.
Histoire du temps ? De notre temps ?
Un triptyque ?
Des chroniques ?
Géographie et nuages travaillent toujours mes envies.
Déformation des formations ?
Kyoto Forever est un scénario de développement et de croissance économique pour le troisième millénaire. C’est un scénario de développement possible après la fin de la
période de mise en oeuvre du protocole de Kyoto (après 2012).
Un scénario pour un naufrage.
Pyrrhus qui danse.
Question d’écart.
Entre signe et sens.
Histoire d’époque. Mode du temps.
Kyoto Forever est un cirque.
Où les clowns ne savent plus ce qu’ils jouent. C’est la comédie des hommes qui se suicident en riant, c’est le ballet de ceux qui gagnent ce qui les perdra.
Munich et Kyoto.
Soit huit hommes et femmes donc. Pour un sommet. Pour une victoire comme une défaite.
Mettre en scène ce sommet international. Et ses hors champs.
Des experts semblables à des clowns tentant d’exécuter leurs numéros et de conjurer les échecs.
Kyoto Forever comme un sommet différent.
Soumis à d’étranges perturbations.
Une assemblée de représentants, sérieux, missionnés, costumés, cravatés, devenus pantins de l’absurde.
Depuis la Lune, je regarde un ballet. Les hommes et les femmes de Kyoto Forever me font rire. Ils ne voient pas leurs batailles.
J’aime ceux qui se trompent. Ils m’envolent.
Il s’agira donc d’un sommet. Improbable.
Il s’agira d’une inclination, d’une inclinaison, d’une prédisposition, à vouloir tenir le cap et à se cogner aux murs.
Il s’agira de ceux qui y participent. De leurs vies. De leurs combats. De leurs désirs.
Il y sera question de couloirs, de tractations et de trahisons.
De dérives (des continents, des affaires, des hommes).
De croissance et de courses effrénées. De persuasion et d’efficacité
Il y sera question du ciel. Et du réchauffement.
Avec experts dansant sur planisphères multicolores et géographies éclatées.
Kyoto Forever c’est une tentative de dire la beauté des défaites.
Je n’étais pas à Kyoto.
Frédéric Ferrer
05 août 2007